Cameroun – Lutte contre le terrorisme: Les pratiques qui fâchent

 Au vu des abus qui entachent les opérations de contrôle, les populations demandent que celles-ci soient conduites dans un cadre de saine coopération et de convenance minimale.
Franck Fassok Kamga, est actuellement dans la tristesse. Le jeune homme, chauffeur dans une petite et moyenne entreprise a été licencié sans aucune forme de procès. Interpellé dans le cadre d’une rafle qui s’est déroulée entre le carrefour Ekounou et carrefour Nkomo, il n’a pas pu retourner chef lui. « J’ai été interpellé le 7 août autour de 22 heures, alors que je venais de quitter le travail. Malgré le fait que je possède une carte nationale d’identité,  j’ai été retenu puis séquestré au commissariat du 14ème arrondissement d’Ekounou, puis libéré le lendemain aux environs de 15 heures. N’ayant pas pu travailler ce jour, j’ai été renvoyé de mon service pour absence au poste », relate-t-il. Des cas similaires se multiplient dans la ville Yaoundé, non pas parce qu’ils perdent leur emploi, mais au nombre d’abus recensés de part et d’autre. « Des éléments de la police ont débarqué chez moi, ils m’ont demandé la facture des appareils se trouvant dans mon salon. Ils ont par la suite confisqué les objets ne possédant de facture », lance Martine habitante du quartier Nkolmesseng à Yaoundé. Pour Aloys Parfait Mbvoum, les cas d’abus venant des forces de l’ordre sont légion. Dans une correspondance adressée au sous-préfet de Yaoundé 4, le président du comité exécutif du Social democratic front dudit arrondissement, évoque plusieurs cas. Entre autres, les interpellations hasardeuses et générales des citoyens détenteurs ou non de carte d’identité ; la garde à vue en toute illégalité des compatriotes pendant plus de 15 heures de temps ; et l’arnaque de certains citoyens. Pour lui les actions prises dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ne doivent pas laisser place à des débordements. « Des instructions fermes doivent être données aux forces du maintien de l’ordre afin que ces opérations se fassent dans la stricte légalité et dans un timing bien précis en évitant l’effet inverse des résultats recherchés », souligne-t-il.
Rappelons c’est à la suite des attentats répétés de la secte islamiste Boko Haram, enregistrés en juillet dernier à l’Extrême-Nord, et précisément à Maroua, que le pays a été placé sous haute sécurité, donnant lieu à plusieurs rafles et contrôles.  Des mesures sécuritaires prises dans l’optique de contrecarrer toute éventuelle menace de la secte islamiste Boko haram.

Luc Justin Kamguia,237online.com                     

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