Cameroun : Lorina Essomba, l’héroïne oubliée par le MINSEP malgré sa médaille d’or !

Lorina Essomba

Lorina Essomba, la première escrimeuse camerounaise à décrocher une médaille d’or aux championnats d’Afrique, vient de lancer un cri du cœur. Dans une interview exclusive accordée à 237online.com, la jeune athlète révèle le manque cruel de soutien dont elle a souffert de la part du Ministère des Sports et de l’Éducation Physique (MINSEP). Un témoignage poignant qui jette une lumière crue sur les carences du système sportif camerounais, incapable de valoriser ses champions.

« Aucun soutien du MINSEP » : le calvaire de Lorina Essomba

Le constat est sans appel. Malgré son exploit historique sur les pistes algériennes, Lorina Essomba n’a reçu « aucun soutien » de la part du MINSEP. « Ni contactée, ni accompagnée », la médaillée d’or a dû se débrouiller seule pour financer sa préparation et sa qualification olympique. Un véritable parcours du combattant, qu’elle a traversé grâce au soutien de son entraîneur dévoué, de son club et de ses proches.

« Pour le tournoi de qualification olympique à Alger, j’ai dû ouvrir une cagnotte sur Leetchi pour récolter la somme nécessaire et payer mon déplacement et celui de mon entraîneur », confie-t-elle, amère. Un aveu qui en dit long sur le calvaire enduré par cette pionnière de l’escrime camerounaise, contrainte de faire la manche pour défendre les couleurs de son pays.

L’indifférence choquante des autorités sportives

Plus choquant encore, Lorina Essomba n’a reçu aucune félicitation officielle de la part du MINSEP après son sacre africain. Un silence assourdissant, qui en dit long sur l’indifférence des autorités sportives face à cet exploit sans précédent. « Même pour le gouvernement, je n’ai pas eu de félicitations, ni d’encouragement », déplore la championne, visiblement meurtrie par ce manque de reconnaissance.

Seule lueur d’espoir dans ce désert de considération : le soutien appuyé de Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, qui a tenu à la féliciter publiquement sur sa story Instagram. Une marque d’attention qui a profondément touché Lorina Essomba, également très sensible aux nombreux messages d’encouragement reçus des Camerounais sur les réseaux sociaux.

La médaille de la honte pour le sport camerounais

Mais au-delà du cas personnel de Lorina Essomba, c’est tout le système sportif camerounais qui se retrouve sur le banc des accusés. Comment expliquer qu’une athlète de ce calibre, première médaillée d’or de l’histoire de l’escrime camerounaise, soit ainsi livrée à elle-même, sans soutien ni reconnaissance de sa fédération et de son ministère de tutelle ?

Une défaillance d’autant plus criante que l’escrime n’est pas un sport majeur au Cameroun, et aurait donc particulièrement besoin d’être soutenue et valorisée pour susciter des vocations. En snobant ainsi la performance de Lorina Essomba, le MINSEP envoie un message désastreux à toute une génération de jeunes sportifs : même si vous décrochez l’or, ne comptez pas sur nous.

La force mentale exceptionnelle d’une championne

Reste l’abnégation et la force de caractère exceptionnelles de Lorina Essomba. Malgré ce déni de reconnaissance, la championne refuse de baisser les bras. « Je ne vais pas m’arrêter à ça, je vais continuer à faire ce que j’ai toujours su faire : m’entraîner, travailler de mon côté et essayer de briller lors des prochains événements », promet-elle avec une détermination qui force l’admiration.

Un mental d’acier qu’elle devra encore démontrer dans les mois à venir, elle qui rêve de briller aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Avec ou sans le soutien de ses autorités. Car Lorina Essomba l’a appris à ses dépens : au Cameroun, décrocher l’or ne suffit pas à entrer dans le cœur du MINSEP. Même quand on marque l’histoire de son sport. La médaille de la honte pour un système à bout de souffle.

Par Christian Ntoumba pour 237online.com

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