Cameroun : L’opposition déchirée face au défi de l’alternance en 2025

Paul Biya 2025

Dans la perspective de l’élection présidentielle camerounaise de 2025, l’opposition se trouve à nouveau confrontée à ses vieux démons. Alors que le règne de Paul Biya s’étire sur plus de quatre décennies, les forces du changement peinent à s’unir pour offrir une alternative crédible. Plongée au cœur des divisions qui menacent les espoirs d’alternance.

Une opposition en ordre dispersé

Malgré les appels répétés à l’unité, l’opposition camerounaise semble condamnée à reproduire le scénario de 2018. Deux blocs rivaux ont émergé en début d’année :

  • L’Alliance politique pour le changement (APC), soutenant Maurice Kamto du MRC
  • L’Alliance pour la transition politique (ATP), menée par Olivier Bilé et Cabral Libii

Cette fragmentation illustre les difficultés à dépasser les ego et les ambitions personnelles au profit d’un front commun.

Des tentatives d’union avortées

Plusieurs initiatives ont été lancées pour tenter de rassembler les forces d’opposition :

  • Des discussions secrètes entre le PCRN, le SDF et le mouvement Now
  • Une rencontre en Afrique du Sud en mai dernier réunissant diverses figures de l’opposition

Malheureusement, ces tentatives ont jusqu’ici échoué à produire un consensus. Les désaccords sur la méthode et le leadership ont eu raison des bonnes volontés affichées.

Le spectre de la division plane sur 2025

À moins de deux ans de l’échéance électorale, l’opposition semble plus divisée que jamais. Cette situation fait le jeu du pouvoir en place et du RDPC, qui peuvent compter sur une machine électorale bien rodée.

Comme l’explique un analyste politique contacté par 237online.com : « Sans une candidature unique, l’opposition n’a aucune chance face au rouleau compresseur du RDPC. Mais les ego et les calculs personnels prennent encore le pas sur l’intérêt général. »

Un sursaut encore possible ?

Malgré ce tableau peu reluisant, certains acteurs gardent espoir. Cabral Libii du PCRN affirme : « Nous voulons collaborer avec tout le monde, y compris Maurice Kamto. Nous avons un objectif commun qui nous oblige à nous unir. »

Reste à voir si ces déclarations d’intention se traduiront par des actes concrets dans les mois à venir. Le temps presse pour l’opposition si elle veut éviter une nouvelle désillusion en 2025.

La jeunesse, arbitre du scrutin ?

Face à ces divisions, la jeunesse camerounaise pourrait bien jouer un rôle décisif. Lasse des querelles politiciennes, elle aspire au changement et pourrait sanctionner une opposition incapable de s’unir.

Comme le souligne un jeune militant interrogé par 237online.com : « Nous ne voulons plus de ces jeux d’appareils. Si l’opposition ne parvient pas à s’entendre, nous prendrons nos responsabilités dans les urnes. »

L’avenir politique du Cameroun se jouera donc autant dans les états-majors des partis que dans la rue et sur les réseaux sociaux, où une nouvelle génération entend faire entendre sa voix.

Par Jean-Claude Atangana, pour 237online.com

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