Cameroun: L’hommage aux victimes de Boko Haram interdit à Yaoundé

Guerre contre Boko Haram. L’exposition du « Collectif Unis pour le Cameroun » prévue hier à la Fondation Muna a reçu une fin de non-recevoir du sous-préfet de Yaoundé 1er.
Il est presque 10h ce 31 mars 2016, une dizaine de policiers munis des matraques sont postés à l’entrée de la Fondation Muna, située à quelques mètres de la Direction générale des Impôts. Sur le mur extérieur de ce bâtiment, une banderole annonçant un hommage aux victimes de Boko Haram est bien affichée. Cette ambiance de l’extérieur n’est pourtant pas suffisante pour savoir pourquoi un tel dispositif sécuritaire est déployé à cet endroit. A l’intérieur de la salle des conférences de la Fondation, les membres du « Collectif Unis pour le Cameroun » vêtus chacun d’une chemise de couleur noire, signe de deuil sont en pleine discussion avec des policiers. Il s’agit là d’un échange houleux trouvant son origine sur une note que vient de signer Jean Paul Tsanga Foe, le sous-préfet de Yaoundé 1er. L’autorité administrative a signé ce 31 mars même jour où l’exposition devait commencer, une décision pour interdire la cérémonie d’hommage d’environ 1200 Camerounais morts depuis le début de la guerre contre Boko Haram. L’exposition organisée par le « Collectif Unis pour le Cameroun » était prévue du 31 mars au 1er avril 2016. Toujours dans la même salle, une fresque comportant les noms des victimes, les lieux ainsi que les dates de décès de chacune des victimes sont visibles sur la fresque de couleur rouge d’environ trois mètres de hauteur. Juste à côte de la fresque il y a un livre d’or dans lequel les visiteurs devaient signer avant de repartir, question de témoigner leur solidarité aux familles des victimes toujours éplorées. Car les organisateurs disent que cette exposition visait seulement à saluer la mémoire des compatriotes civils et militaires morts dans la guerre contre Boko Haram. Mobilisés en grand nombre, ces nombreux journalistes à l’instar de Guibai Gatama, Raoul Simplice Minlo, Eric Benjamin Lamerre, Parfait Siki, Thierry Ekouti … tous membres de ce collectif, ont du mal à digérer la mesure prise hier matin par l’autorité administrative. Surtout que le 26 mars dernier, une déclaration de réunion publique signée par Raoul Simplice Minlo avait été déposée dans les services du sous-préfet de Yaoundé 1er. L’autorité administrative avait d’ailleurs signé le document pour marquer son accord. Mais qu’est-ce qui est à l’origine de ce retournement de situation alors même que l’exposition avait déjà commencé ?

Le sous-préfet visite la fresque…
Jean. Paul Tsanga Foe est arrivé hier à la Fondation Muna aux environs de 11h. En s’en tretenant avec les organisateurs, le sous-préfet leur a fait comprendre que certaines administrations ont émis le doute sur l’exposition parce qu’elles n’étaient pas certaines des noms qui figureraient dans l’arrêté portant interdiction de cette exposition où on peut lire : « Vu le demande de déclaration de manifestation publique du 28 mars 2016, du Collectif Unis pour le Cameroun. Vu La lettre N176/L/JO6-01/Sp du 29 mars 2016 du sous-préfet de Yaoundé 1er à monsieur le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense pour avis. Vu le message-porté N16088/Mp/Mindef/01 du 30 mars 2016 du ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense. Considérant les nécessités d’ordre public décidé Est et demeure interdite pour nécessité de l’ordre public la réunion prévue le 31 mars et le 1er à la Fondation Muna. » Mais avant de quitter la Fondation Muna, Guibai Gatama et ses camarades ont réussi à convaincre le sous-préfet de Yaoundé 1er à visiter la fresque. Il l’a justement fait. L’autorité administrative est repartie, laissant ainsi les organisateurs dans l’angoisse et la désolation pour cette exposition qui devait attirer tant de monde lorsqu’on connaît la solidarité des Camerounais dans les telles circonstances. Après le retour du sous-préfet, les organisateurs sont allés s’asseoir non loin de l’entrée principale de la Fondation abandonnant ainsi leur fresque dans la salle qui se trouvait toujours dans la salle des conférences. Elle a été retirée un peu plus tard.

Prince Nguimbous

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