Cameroun : L’État d’exception, nouvelle norme qui étouffe la démocratie ?

Ferdinand Ngoh Ngoh

Le Cameroun traverse une période trouble, où l’exception semble devenir la règle. Depuis 2012, une série de mesures extraordinaires ont progressivement érodé les fondements démocratiques du pays. 237online.com vous plonge au cœur de cette dérive inquiétante qui soulève des questions cruciales sur l’avenir politique de la nation.

La disparition silencieuse des institutions

Comme un château de cartes qui s’effondre, les piliers de la démocratie camerounaise semblent s’écrouler un à un. Le Conseil des ministres, jadis symbole de gouvernance collégiale, n’est plus qu’un lointain souvenir. Le Conseil supérieur de la magistrature, garant de l’indépendance judiciaire, s’est évaporé dans les limbes de l’oubli.

La gouvernance par « hautes instructions » : un pouvoir sans visage

L’expression « hautes instructions » est devenue le mantra d’un pouvoir qui se fait de plus en plus opaque. Les décisions tombent d’en haut, sans débat, sans transparence.

Un politologue interrogé par 237online.com ne mâche pas ses mots : « C’est le règne de l’arbitraire. On ne sait plus qui décide quoi. C’est comme si le pays était dirigé par un fantôme. »

Le RDPC : un parti-État hors du temps

Le parti au pouvoir, le RDPC, semble lui aussi figé dans une temporalité parallèle. Plus de congrès, plus de débats internes. Les décisions tombent par décrets, comme si le parti n’était qu’une extension de l’administration.

« Le RDPC est devenu une coquille vide », nous confie un ancien cadre du parti. « C’est un théâtre d’ombres où les acteurs attendent les ordres d’un metteur en scène invisible. »

2025 : l’espoir d’un renouveau ou le spectre d’un verrouillage total ?

L’année 2025 cristallise tous les espoirs et toutes les craintes. Sera-t-elle le point de bascule vers un retour à la normalité démocratique ou l’aboutissement d’un processus de verrouillage institutionnel ?

« C’est notre dernière chance », clame un leader de la société civile. « Si nous laissons passer cette opportunité, le Cameroun pourrait basculer définitivement dans l’autoritarisme. »

L’appel à la mobilisation citoyenne

Face à cette situation, un appel à la mobilisation citoyenne émerge. L’inscription massive sur les listes électorales apparaît comme un acte de résistance pacifique.

« C’est notre arme », explique un jeune activiste. « Chaque nouvelle inscription est un pas vers la reconquête de notre démocratie. »

Le Cameroun se trouve à la croisée des chemins. Entre résignation et sursaut démocratique, le pays semble suspendu dans un entre-deux lourd de menaces.

Par Émilie Nguembou pour 237online.com

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