Cameroun : Le scandale de la prorogation qui menace la démocratie

Nourane fotsing

Le Cameroun est à nouveau secoué par une tempête politique. Le projet de loi visant à prolonger le mandat des députés et conseillers municipaux jusqu’en 2026 fait trembler les fondations déjà fragiles de la démocratie camerounaise. 237online.com vous plonge au cœur de cette controverse qui pourrait redéfinir l’avenir politique du pays.

Une tradition antidémocratique qui s’enracine

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir en place joue avec le calendrier électoral. Comme le rappelle l’honorable Nourane Foster dans une déclaration exclusive à 237online.com : « Qu’il s’agisse de la 8e législature ou encore de la 9e législature, il a été de coutume que le mandat soit prorogé afin de permettre aux élections présidentielles de se tenir avant les législatives. »

Cette pratique, loin d’être anodine, soulève de sérieuses questions sur la santé démocratique du pays.

Les dessous d’une manœuvre politique

Derrière cette prorogation se cache une stratégie bien rodée. En repoussant les élections législatives à 2027, le pouvoir en place s’assure un contrôle total sur le processus électoral présidentiel.

« C’est comme si on changeait les règles du jeu en plein match », s’indigne un analyste politique contacté par 237online.com. « On ne peut pas parler de démocratie quand une poignée d’individus décide arbitrairement de prolonger leur mandat. »

L’opposition : entre résignation et résistance

Face à cette situation, l’opposition semble divisée. Certains, comme Nourane Foster, annoncent leur intention de voter contre ce projet de loi. D’autres, conscients du poids écrasant de la majorité, semblent déjà résignés.

« Mon vote sur 175 autres ne représentera rien mais je voterai quand même NON », déclare courageusement la députée du PCRN. Une voix qui risque d’être noyée dans le flot de la « dictature de la majorité », comme elle le qualifie elle-même.

Les cicatrices invisibles de la politique camerounaise

Au-delà des enjeux démocratiques, ce projet de loi met en lumière la brutalité de la vie politique camerounaise. Nourane Foster n’hésite pas à parler des « cicatrices » laissées par son expérience parlementaire.

« Faire la politique au Cameroun dans cet environnement, c’est presque se transformer en Martyr », confie-t-elle à 237online.com. Une déclaration qui en dit long sur l’état du débat politique dans le pays.

2025 : l’année de tous les dangers ?

Si ce projet de loi est adopté, l’année 2025 pourrait marquer un tournant décisif pour le Cameroun. Avec des élections présidentielles organisées par un parlement dont le mandat aura été artificiellement prolongé, c’est toute la crédibilité du processus démocratique qui est en jeu.

« On marche sur la tête », s’exclame un observateur international. « Comment peut-on prétendre organiser des élections libres et transparentes dans ces conditions ? »

Alors que le débat fait rage, une question demeure : les Camerounais accepteront-ils cette énième entorse à la démocratie ? Entre résignation et colère, le pays semble au bord d’un précipice politique.

Une chose est sûre : les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir du Cameroun. 237online.com ne manquera pas de vous tenir informés des développements de cette affaire qui pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire politique du pays.

Par Émilie Nguembou pour 237online.com

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