Société

Cameroun : Le Ministère de la Santé Publique s’implique dans la promotion de la santé mentale

La santé mentale est d’une importance vitale pour le bien-être général des individus, des sociétés et des pays.

L’OMS la définit comme un état de bien-être qui permet à l’individu de se réaliser, de faire face aux difficultés de la vie quotidienne, d’être productif et utile à sa communauté. Souvent confondus à la maladie mentale (dépression, addictions, schizophrénie, etc.), les problèmes de santé mentale (violence dans la société, viols, phénomène de transes, etc.) sont de plus en plus courants dans la société camerounaise et mal perçus par la population.

C’est pour démystifier la maladie mentale et la santé mentale auprès du grand public, de rendre visible les problèmes liés à la santé mentale, les causes, les conséquences et l’impact sur la productivité et le développement, et d’engager le gouvernement, la société civile et les professionnels de la santé mentale dans un véritable échange, qu’il s’est tenu du 11 au 12 juillet 2019 à Douala, une rencontre d’information et de sensibilisation du public et des décideurs sur la santé mentale en rapport avec le troisième Objectif du Développement Durable.

L’activité a été organisée par le Ministère de la Santé Publique en collaboration avec la direction du COMMONWEALTH au Ministère des Relations Extérieures, de l’ACSED (Association Action Santé Education), ainsi qu’avec l’appui technique et financier de l’OMS. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Préfet du département du Wouri, en présence des cadres des organisations précédemment listées, du Délégué Régional de la Santé Publique du Littoral, des membres des organisations de la société civile, des professionnels de la santé mentale, des représentants de l’OMS, l’UNFPA et des journalistes.

Suivant les exposés et débats, il est ressorti que les personnes souffrant de troubles mentaux ont des taux d’incapacité et de mortalité plus élevés que la moyenne. Les problèmes de santé mentale rencontrés au cours de l’enfance engendrent des coûts additionnels à l’âge adulte en termes de baisse de la productivité au travail, influence sur l’accès au marché de l’emploi et le maintien en fonction. L’OMS estime que les troubles mentaux et comportementaux représentent 13 % de la charge totale de morbidité à l’échelle mondiale. Entre 76 et 85 % des personnes atteintes de troubles mentaux graves ne reçoivent aucun traitement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

A l’issu de ces échanges quelques actions ont été proposées pour améliorer la santé mentale des populations, notamment, la mise en œuvre de la couverture santé universelle, l’utilisation des données factuelles, la mise en œuvre d’une approche multisectorielle, la nécessité d’assurer l’autonomisation des personnes souffrant de troubles mentaux et de handicaps psychosociaux, de prendre en compte la santé mentale dans les situations d’urgence humanitaire, d’adopter des soins intégrés et adaptés aux besoins, de lutter contre les disparités enfin de faire la promotion de la santé mentale et renforcer les actions de prévention.

Globalement, il est à retenir de cette rencontre que, suivant la Stratégie Régionale africaine de la Santé Mentale, le Cameroun doit définir un plan stratégique qui découlera d’une étude de l’état des lieux de la santé mentale afin de faire un plaidoyer auprès des partenaires financiers pour une plus grande prise en compte de cette composante dans les multiples actions et appuis. L’élaboration de ce plan stratégique national permettra de lutter de façon plus efficace, contre les problèmes de santé mentale chez les populations en général et dans les zones d’insécurité et de conflit en particulier ; notamment dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Est. Ce plan prendra également en compte les problèmes de santé mentale en milieux professionnel et carcéral, dans le secteur privé, chez les enfants, les jeunes et chez les femmes.

L’atelier s’est clos par le rappel du soutien multiforme de l’Organisation mondiale de la Santé, qui a réitéré son appui à la conduite d’une analyse situationnelle qui débouchera à l’élaboration d’un plan stratégique des maladies non transmissibles y compris la prévention de la maladie mentale au Cameroun.

Organisation Mondiale de la Santé, Bureau du Cameroun

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