Cameroun : Le code électoral, véritable casse-tête pour les présidentiables

Code Electoral

Le paysage politique camerounais est en ébullition. Une interprétation controversée de l’article 121 du code électoral sème le trouble parmi les aspirants à la magistrature suprême. 237online.com vous plonge au cœur de ce débat juridique qui pourrait bien redessiner les contours de la prochaine élection présidentielle.

Un flou juridique qui fait grincer des dents

L’article 121 du code électoral, censé encadrer les conditions de candidature à l’élection présidentielle, se révèle être un véritable nœud gordien. Christian Ntimbane Bomo, candidat déclaré et figure de la Société Civile des Réconciliateurs, soulève un point crucial : aucun parti politique n’est, juridiquement parlant, représenté dans les institutions camerounaises.

« C’est comme si on demandait à un poisson de grimper à un arbre », s’exclame un analyste politique contacté par 237online.com. « On impose des conditions impossibles à remplir. »

La représentation politique : un mythe constitutionnel ?

Le cœur du problème réside dans la notion même de représentation politique. La Constitution camerounaise est claire : les députés représentent la nation, les sénateurs les collectivités territoriales, et non les partis politiques.

« On nage en plein paradoxe », confie un constitutionnaliste sous couvert d’anonymat. « Comment exiger d’un parti qu’il soit représenté là où, constitutionnellement, il ne peut pas l’être ? »

Le spectre du parrainage : une épée de Damoclès pour l’opposition ?

L’alternative du parrainage par 300 personnalités, initialement prévue pour les candidats indépendants, pourrait devenir la norme pour tous. Une perspective qui inquiète l’opposition.

« C’est comme demander à un végétarien de gagner un concours de barbecue », ironise un cadre d’un parti d’opposition. « Dans un pays où le parti au pouvoir contrôle la majorité des élus, c’est presque mission impossible. »

Une manœuvre politique déguisée ?

Certains voient dans cette ambiguïté juridique une stratégie délibérée pour verrouiller le jeu électoral.

« On change les règles du jeu en plein match« , s’indigne un activiste politique interrogé par 237online.com. « C’est comme si on décidait soudainement que pour participer à un marathon, il faut d’abord avoir gagné un 100 mètres. »

Vers une réforme du code électoral ?

Face à ces incohérences, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une révision du code électoral.

« Il est temps de mettre nos textes en accord avec notre réalité constitutionnelle », plaide un militant du MRC. « Sinon, on risque de se retrouver dans une impasse juridique lors de la prochaine présidentielle. »

La Cour Constitutionnelle : arbitre ultime ou acteur politique ?

Tous les regards se tournent désormais vers la Cour Constitutionnelle. Sera-t-elle en mesure de trancher ce nœud gordien juridique ?

« C’est l’heure de vérité pour notre jeune démocratie« , affirme un observateur politique. « La décision de la Cour aura des répercussions bien au-delà de la prochaine élection. »

Alors que le débat fait rage, une question demeure : comment garantir un processus électoral juste et transparent dans ce contexte d’incertitude juridique ?

Une chose est sûre : les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir politique du Cameroun. 237online.com ne manquera pas de vous tenir informés des développements de cette affaire qui pourrait bien redéfinir les règles du jeu démocratique camerounais.

Par Émilie Nguembou pour 237online.com

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