Cameroun : L’affaire Minsep-Fecafoot, un scandale d’État qui dévoile l’anarchie !

eto'o et mouelle kombi

Paul Biya, le grand absent de la crise

Le feuilleton rocambolesque qui secoue le football camerounais depuis plusieurs semaines vient de connaître un nouveau rebondissement stupéfiant. Alors que la crise entre le Ministère des Sports et de l’Éducation Physique (Minep) et la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) semblait avoir trouvé son épilogue, voilà que de nouvelles révélations viennent jeter une lumière crue sur le désordre qui règne au sommet de l’État. Car dans cette affaire, le grand absent n’est autre que Paul Biya, le président de la République en personne. Selon des sources concordantes, le chef de l’État n’aurait donné aucune instruction, ni à son plus proche collaborateur, le secrétaire général de la présidence, ni au Premier ministre, chef du gouvernement, ni même à son ministre des Sports. Un silence assourdissant qui en dit long sur la cacophonie qui règne au palais présidentiel. Pour ne rien manquer des coulisses du pouvoir au Cameroun, une seule adresse : 237online.com, votre site d’infos sans langue de bois.

Eto’o, le président tout-puissant qui défie l’État

Mais ce qui choque le plus dans cette histoire, c’est que le seul à avoir reçu des « instructions » du président serait… Samuel Eto’o, le sulfureux président de la Fecafoot ! C’est en tout cas ce qu’affirme ce dernier dans une correspondance adressée au ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, et qui a fuité dans la presse. Dans ce document explosif daté du 30 mai 2024, Eto’o demande au ministre de « consentir à la mise à disposition » de deux membres de l’encadrement technique de la sélection nationale, « suite aux Très Hautes Instructions reçues de Son Excellence Monsieur le Président de la République« . Une affirmation sidérante, qui laisse pantois tous les observateurs. Comment un simple président de fédération peut-il ainsi se targuer de recevoir directement les ordres du chef de l’État, court-circuitant toute la chaîne de commandement officielle ?

Des « instructions » fantômes qui sèment le trouble

Sommé de produire la preuve de ces fameuses « instructions présidentielles », Samuel Eto’o reste évasif. « C’était au téléphone« , se contente-t-il de répondre, selon des proches. Une explication qui ne convainc personne, et qui alimente toutes les suspicions. Certains y voient une énième manœuvre de déstabilisation de l’ancien capitaine des Lions Indomptables, bien décidé à imposer sa loi à la tête du football camerounais. D’autres y décèlent les signes d’un profond malaise au sommet de l’État, où les circuits de décision officiels semblent de plus en plus court-circuités par des réseaux officieux. Une situation d’autant plus préoccupante que le pays traverse une passe délicate, sur fond de tensions sécuritaires et de crise économique.

Un pays à la dérive, gangrené par les intérêts claniques

Car cette « affaire Minsep-Fecafoot » n’est que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste. Celui d’un pays à la dérive, miné par les luttes de clans et les intérêts claniques. Un pays où les institutions sont régulièrement piétinées, où les procédures légales sont allègrement contournées, où les « instructions » d’un président fantomatique servent de prétexte à tous les abus. Un pays où même le football, sport roi et fierté nationale, est devenu un terrain de jeu pour les apprentis sorciers et les manipulateurs de tout poil. Face à ce constat accablant, une seule question se pose : jusqu’où ira cette descente aux enfers ? Et qui aura le courage de dire enfin « stop » à cette dérive qui menace de tout emporter sur son passage ?

Par Euloge Nkwelle pour 237online.com

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