Le Forum des historiennes du Cameroun (Fohic) célèbre la grâle de Virginie Wanyaka Bonguen Oyongmen, dans un ouvrage intitulé : Femmes d’Afrique et d’ailleurs, histoires et vies plurielles, mélanges en hommage à cette icône de l’enseignement supérieur.
« Femmes d’Afrique et d’ailleurs, histoires et vies plurielles : mélanges en hommage à Virginie Wanyaka Bonguen Oyongmen », est le titre de
l’ouvrage qui honore la première femme camerounaise à accéder au grade de maîtresse de conférences en histoire et, plus spécifiquement en
histoire militaire. A ce titre, elle est la deuxième femme historienne de rang magistral en Afrique centrale, après la professeure Scholastique
Dianzinga du Congo Brazzaville. C’est donc pour célébrer une femme battante de haut rang que, sur l’initiative du Forum des historiennes du Cameroun (Fohic), ces mélanges lui sont dédiés. Dès l’extérieur, l’ouvrage à une couleur bleue Mitterrand, signe que le sujet abordé et l’objet sont dans un contexte de fertilité et une perspective de développement agissant.
D’autant plus que sur la couverture, l’on a en illustration le portrait d’une jeune Dame à la couleur d’ébène, arborant un foulard et une robe en
tissu pagne de couleur bleue, symbole de la valorisation de la femme africaine dans sa tradition. A la suite des remerciements, s’ouvre avec une
introduction en guise de préface.
Reparti en cinq parties, elles-mêmes structurées autour de dix-sept chapitres, l’ouvrage qui compte 371pages traite exclusivement de femmes, qu’elles soient africaines ou d’ailleurs. Une contribution pluridisciplinaire de plusieurs savants qui ont pris pour prétexte l’étude d’une femme de science, une férue de l’histoire militaire, Maîtresse de conférences à l’université de Yaoundé 1, exerçant au département d’histoire qui depuis une vingtaine d’années a su s’imposer dans un milieu souvent présenté comme infertile à la gent féminine. L’analyse porte notamment sur leurs identités, leurs parcours, leurs statuts sociaux, leurs relations avec le pouvoir, leurs déboires, leurs échecs ainsi que l’intérêt porté sur leurs réussites et leurs échecs ainsi que l’intérêt porté sur elles dans la recherche dans les universités africaines.
Une destinée lumineuse
Après son admission au Diplôme d’étude approfondie (Dea) en 2001, l’historienne est très vite cooptée par ses maîtres pour assurer le monitoring au département d’histoire avant d’être maintenue sept années durant comme vacataire. Un statut qu’elle a accepté d’occuper en attendant la soutenance de sa thèse de doctorat/Ph.D. C’est avec ardeur qu’elle accomplit chaque jour et des années durant, la tâche qui est la sienne, en bravant de nombreuses intrigues et frustrations. Elle postule en 2004 au recrutement des assistants lancé par l’université de Yaoundé 1. Le résultat issu de la Commission consultative de recrutement des assistants (Ccra) ne lui est pas favorable. Pour la doctorante, ce n’est que partie remise. Elle choisit de se mettre au travail afin d’achever sa thèse, qu’elle soutient en 2008 avec la mention très honorable, portant sur « la coopération militaire entre le Cameroun et la France, de l’assistance à la quête d’un partenariat technique, 1959-2005 ».
Ce qui lui assure un poste d’enseignement à la Faculté des arts, lettres et sciences humaines et à l’Ecole d’état-major où elle dispense des cours traitant « des femmes dans les forces de défense ; des conflits et de la résolution des conflits, de stratégie et de la pacification du Cameroun ». Ainsi présentée, on constate que Virginie Wanyaka a participé à l’écriture de l’histoire du Cameroun en publiant quatorze articles, un ouvrage
et une autre en copublication. Elle a posé à sa manière les jalons d’une histoire militaire qui peine encore à se frayer un chemin et une place importante dans l’historiographie contemporaine camerounaise. Un ouvrage à lire, véritable condensé de réflexions de très haut niveau mené par de grands noms de sciences qui font autorité dans leurs disciplines respectives et triés sur le volet en Afrique et dans le monde que je conseille vivement à tous et particulièrement à la grande communauté de chercheurs à lire. Vous pouvez le retrouver dans toutes les librairies de l’Harmattan d’Afrique et L’Harmattan Paris. Pour ceux qui souhaitent avoir une dédicace, vous pouvez également vous rendre au département d’histoire de l’université de Yaoundé I.





