Société

Cameroun: La Menoua, première cible dans la crise Anglophone

Quatre des six arrondissements que compte ce département, subissent régulièrement les assauts des groupes armées partis du Sud-Ouest. Et les conséquences sont lourdes.

Les exactions des bandes armées qui se sont constituées depuis le déclenchement de la crise anglophone, ne se sont pas seulement limitées aux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. En raison de sa proximité avec ces deux régions, le département de la Menoua dans la région de l’Ouest en est l’une des principales victimes. Notamment dans les arrondissements de Santchou, Dschang, Fongo-Tongo et NkongNi.

A Santchou, plus précisément dans le groupement Fondonnera, plusieurs maisons, des voitures et un marché ont été incendiés. De même, nombre d’enlèvements y ont été répertoriés. Bien que les exactions perpétrées dans cet arrondissement ne sont pas à négliger, elles sont cependant bien infimes, comparativement à celles enregistrées à Fongo-Tongo, lui aussi voisin au Lebialem dans le Sud-Ouest.

Les informations glanées auprès des autorités font état de ce que, de juillet 2018 à ce jour, 54 enlèvements ont été recensés. Dans la même localité, deux personnes sont tombées sous les balles des sans foi ni loi, présentés comme des sécessionnistes. A ce bilan, il faut adjoindre des écoles et des maisons réduites en cendres par les criminels. La fréquence des atrocités attribuées aux «Ambaboys» a même contraint tous les habitants du village FossongEllelem à le déserter après que leur chefferie soit partie totalement en flamme, à cause des sécessionnistes. A Bafou-Nord dans l’arrondissement de Nkong-Ni, d’autres infamies sont mis à l’actif des groupes armés basés dans le Sud-Ouest.

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A Dschang, les localités de Fongo-Ndeng et Tchouadeng ont été moult fois visitées par les sans foi ni loi disant opérer au nom de la république fantôme de l’Ambazonie. Ici outre l’assassinat d’une personne, des biens matériels ont aussi été emportés. Grossomodo, dans chaque arrondissement affecté, a-t-on appris, les incursions des «Amba-boys» ont non seulement contribué à paralyser l’activité économique, l’éducation en partie, mais aussi participé à attiser une haine viscérale entre des habitants de ces localités limitrophes. D’après la présidente de la Ligue des femmes pour la paix et la liberté (Wilpf-Cameroon), une organisation de la société civile, la situation actuelle appelle à la prise des mesures urgentes pour sauver ce qui peut encore l’être.
« Si rien n’est fait dans l’urgence, la situation va se détériorer davantage », a indiqué Sylvie Dongmo. C’était au cours d’un atelier organisé à l’intention des chefs traditionnels, leaders religieux et autorités administratives des localités affectées par cette crise. Faisant partie des campagnes communautaires engagées depuis plusieurs mois, l’atelier de mobilisation des leaders traditionnels et religieux des localités affectées par la crise anglophone dans le département de la Menoua, avait pour but d’échanger avec ces acteurs afin d’adopter des stratégies communes pouvant déboucher sur une résolution pacifique de cette crise.

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A l’avenir, WilpfCameroon promet d’inclure à la concertation les leaders religieux et les chefs traditionnels des régions en crise accusés de protéger les jeunes de leurs villages auteurs d’atrocités.

Source
L'Actualité N° 007
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