Cameroun: La logique des écrits de Marafa :: Cameroon

Les lettres et tribunes de Marafa, loin d’être le fait du hasard, contribuent à conforter ses ambitions politiques.
Marafa Hamidou Yaya a encore écrit. Il avait prévenu, il ne s’arrêtera pas. Dans Jeune Afrique de cette semaine, il publie une tribune sur un projet d’Afrique centrale: l’Afrique centrale des deux océans (A020, comme il l’intitule. Sa proposition est une réponse à la situation actuelle en République centrafricaine, qui a des répercussions sur ses voisins, dont le Cameroun, mais surtout une proposition pour combattre l’extrémisme islamiste.
Mais, cette énième sortie de Marafa Hamidou Yaya confirme surtout une certaine logique qui se dessinait déjà dans ses correspondances précédentes. L’ancien ministre d’Etat et secrétaire général à la présidence de la République a depuis longtemps exprimé son ambition d’aller en compétition pour le pouvoir. Et ni son interpellation, ni sa condamnation n’ont modifié ses desseins. La preuve, dans la lettre qui a suivi sa condamnation, il écrivait: «La vie est un maître sévère. Les épreuves qu’elle m’impose aujourd’hui sont le moyen de lui rendre un compte rigoureux de ma volonté, de mon engagement et de ma capacité à conduire notre Pays sur le chemin du changement et de l’espoir. Je suis prêt.

Marafa Hamidou Yaya indiquait ainsi sa volonté de poursuivre son combat. Et dans ce combat, ses différents écrits constituent l’une de ses principales armes. Et à les regarder aujourd’hui, il apparaît clairement qu’ils ne sont pas faits au hasard et peuvent être rangés en différents groupes, selon le genre, les destinataires, le Sujet et les médias utilisés.

Les premières sorties de Marafa étaient des lettres. Leurs destinataires ont été parfois le Président Paul Biya, parfois le peuple camerounais et elles étaient publiées dans la presse camerounaise. Ces lettres concernaient sa situation personnelle (première), la loi électorale au Cameroun (deuxième), l’affaire de l’avion présidentiel pour laquelle il sera plus tard condamné (troisième) ou encore sur ses projets de pouvoir (cinquième).

Mais Marafa Hamidou Yaya s’est exprimé aussi dans des médias autres que les journaux camerounais. Notamment à travers une interview au site Internet Slate Afrique et une tribune dans le quotidien français Le Monde. Dans ces cas-là, il était clair que Marafa s’adressait à un public autre que camerounais. L’interview a évoqué divers sujets, mais la tribune dans le quotidien Le Monde, qui a coïncidé avec le séjour de Paul Biya en France, s’est intéressé à l’après-Biya et à la question du pétrole au Cameroun.

Cette fois-ci, dans un contexte marqué par la crise en République centrafricaine, Marafa Hamidou Yaya présente son projet pour l’Afrique centrale. Le projet concerne certes le Cameroun, mais pas seulement. Les autres pays concernés sont la Rca, le Kenya et le Soudan du Sud. Et on peut comprendre pourquoi l’ex-Minatd a choisi une tribune comme Jeune Afrique, qui lui permettrait de toucher directement toutes les populations concernées par sa proposition.

Un fait marquant ici, c’est la posture d’homme d’Etat de Marafa Hamidou Yaya, qui propose une solution à l’un des problèmes qui interpelle aujourd’hui le monde entier: l’avancée de l’extrémisme islamiste. En même temps que cette sortie le maintient sur la scène, elle confirme ses ambitions politiques. On imagine bien que s’il fait cette proposition, il est bien placé pour la mettre en œuvre, en concertation avec les dirigeants des autres Etats concernés. L’auteur évoque d’ailleurs « le rapprochements politique qui devra sous-tendre le projet dans son ensemble».

Le message entre les lignes: Marafa Hamidou Yaya n’a pas laissé tomber ses ambitions politiques, il y travaille tous les jours, il suit attentivement ce qui se passe dans son pays et dans le monde et se prépare à apporter sa contribution à la résolution d’un certain nombre de problèmes au niveau international.

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