Cameroun: La Covid-19 ralentit l’activité des débrouillards

Les activité des débrouillards

Dans les marché de la ville de Yaoundé, de nombreux jeunes, écoliers et étudiants, peinent à joindre les deux bouts à cause de la pandémie.

Sous le soleil, Gaël Noah, âgé 20ans, étudiant en première année à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) de l’université de Yaoundé II Soa, se repose. Assis sur sa brouette près des vendeurs de pastèques du marché de Mfoundi, dans l’arrondissement de Yaoundé I, le cache nez sur son visage, fatigué et en sueur, il semble perdu dans ses pensées. La matinée a été rude, pas vraiment de travail. Comme lui, ils sont nombreux ces jeunes gens, âgés entre 10 et 24ans, qui exercent cette activité en ce temps de vacances. Tous les matins, dès 6h, ils se rendent ainsi dans les marchés, brouettes en mains, à la recherche des potentiels clients. Certains y sont juste pour les vacances afin d’aider les parents à mieux préparer la prochaine rentrée scolaire. Et pour d’autres, c’est leur activité quotidienne.

Une fois au marché, ces jeunes ciblent des personnes venues se ravitailler et proposent leurs services. « On interpelle chaque personne qu’on voit en train de Dr Mohamadoul Aminou, faire les achats. On lui propose de l’accompagner pendant toute la course. Certains acceptent et d’autres refusent », affirme Gaël. Cette tactique lui permet d’aguicher la clientèle. Etant nombreux, le code est bien clair, « si on ne marque pas les ménagères balle au pied on aura rien à la fin de la journée. C’est une véritable bataille tous les jours ». Bataille que ces jeunes mènent avec détermination, indépendamment des caprices de mère nature.

Et comme dans tous les secteurs, ces brouettiers subissent les affres de la psychose autour du coronavirus. Les clients se font rares et les recettes journalières ont considérablement chuté. «Avant le coronavirus, on pouvait travailler 4000, 5000 Fcfa et même plus. Mais depuis qu’on en parle, certaines clientes ne nous permettent même plus de toucher leurs sacs. Parfois même le marché est vide pas beaucoup de d’acheteurs. Du coup on peut gagner entre 1500 et 3000 Fcfa par jour. On ne s’en sort plus », confie Emma, 23 ans et brouettier à plein temps. Les moins âgés n’arrivent plus à obtenir une modique somme 1000 Fcfa au terme de la journée. Cependant, ces jeunes ne baissent pas les bras et espèrent que les choses s’améliorent
très bien.

Noel TALA (Stg)

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