Economie

Cameroun: La CDC veut cultiver le manioc et le maïs

La Cameroon development corporation fait face à une situation financière inquiétante du fait de la baisse des prix de certains de ces principaux produits sur le marché.
Les administrateurs ont demandé au directeur général d’explorer les pistes de nouvelles cultures. 237online.com Les derniers conseils d’administration extraordinaire et ordinaire de la Cameroon development corporation (CDC), tenus les 9 et 10 août 2016, ont laissé entrevoir des inquiétudes sur la situation financière de l’entreprise. En effet, l’analyse d’un audit effectué par le Cabinet comptable ECA Ernest & Young sur «les états financiers de l’entreprise pour l’année financière en cours jusqu’au 30 décembre 2015» a «relevé la situation critique du cash-flow de l’entreprise tout au long de l’année 2015 due essentiellement à la baisse des prix de vente du caoutchouc sur le marché international et de l’huile de palme sur le marché intérieur». Le conseil d’administration rapporte, pour le déplorer, la chute «persistante» des prix de vente du kilogramme de caoutchouc sur le marché international qui se situe actuellement à 700-800 FCFA, «alors que pendant les années allant jusqu’à l’année 2012, le kilo se vendait entre 2 500 à 3 000 F CFA.» Pour ce qui est de l’huile de palme, la baisse du cash-flow est due au prix fixé «qui se situe à 450 F CFA depuis 2008 alors que le coût de notre production s’élève autour de 602 F CFA le litre». Pour l’un et l’autre produit, la chute du prix de vente occasionne «une perte très lourde» pour l’entreprise. La CDC est aussi connue pour la production de l’huile de palme, de palmiste et de la banane. Pour ce dernier produit, l’entreprise camerounaise a développé depuis la fin des années 80 selon certaines sources, un partenariat avec Del monte, présenté comme le troisième plus grand vendeur de la banane dans le monde. Selon l’accord entre les deux compagnies, Del monte devait aider la CDC à accroître la qualité de sa banane, la racheter et la revendre sur le marché international. Mais depuis 2013, Del monte a mis un terme à cette collaboration. La CDC fait également face à plusieurs autres difficultés depuis plusieurs années. Les besoins de conservation de la biodiversité et la forte urbanisation du département du Fako, région du Sud-ouest qui concentre l’essentiel des plantations de l’entreprise, freine le développement de nouvelles parcelles. Franklin Ngoni Njie, le directeur général de la CDC ajoute que les changements climatiques sont aussi défavorables à la productivité de l’entreprise. Par ailleurs, plus de 50% des plantations demandent à être renouvelées. Selon le directeur général de la CDC, les revenus de l’entreprise ne lui permettent plus de prendre soin des logements des travailleurs et d’assurer l’entretien des routes et des usines. 237online.com Franklin Ngoni Njie déplore aussi les incertitudes liées à l’accès à l’énergie. Autant de problèmes qui fragilisent l’entreprise.

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Manioc, Maïs, Poivre
Face à la situation de la baisse des prix, le conseil d’administration a demandé au directeur général d’étudier les pistes d’une diversification de ses produits. «Vu cette situation économique peu favorable, et pour pallier ces pertes, le conseil a instruit le directeur général d’accélérer les études qui lui avaient été recommandées par le conseil, visant à diversifier les activités agricoles de l’entreprise afin d’inclure la culture de produits à cycle court mais immédiatement rentables aussi à court terme tel que le manioc, le maïs et le poivre parmi tant d’autres», indique le communiqué qui a sanctionné les travaux. Si ces études sont concluantes, leur culture viendra joindre d’autres initiatives entreprises depuis quelques années par l’administration de la CDC pour étendre ses espaces cultivables. C’est le cas du projet d’aménagement de 10 000 ha de terres dans le Donga Mantung, région du Nord-ouest pour la culture du palmier à huile. Un projet similaire a cours dans la Manyu, région du Sud-ouest depuis 2011 pour l’hévéa et le palmier à huile. En 2007, c’est à Matouké, département du Moungo dans la région du Littoral que la CDC a commencé l’aménagement de 6000 ha pour la culture de l’hévéa. Deuxième employeur après l’Etat, la CDC compte plus de 22 000 employés et s’est spécialisée dans la production de la banane, du caoutchouc semi-transformé, du palmier à huile et l’huile des palmistes. 237online.com Depuis le 20 janvier 2016, un décret du président de la République a consacré la restructuration de la CDC, faisant de l’Etat le seul actionnaire de l’entreprise créée depuis 1947. Destinée à être privatisée depuis 1998, la CDC n’a pas trouvé preneur. Seule la filière thé a pu être rachetée. Désormais, l’entreprise peut aller au-delà de ses produits traditionnels pour investir dans de nouvelles activités.

Rodrigue Nganzi

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