Cameroun : La CAN sombre dans le chaos, l’héritage d’Hayatou bafoué

Issa hayatou

La Coupe d’Afrique des Nations (CAN), jadis fierté du continent, se trouve aujourd’hui dans une tourmente sans précédent. L’inconstance de ses dates et la perte d’autonomie de la CAF soulèvent des questions brûlantes sur l’avenir du football africain et l’influence des puissances mondiales du ballon rond.

La CAN : D’institution à vagabonde du calendrier

Depuis le départ d’Issa Hayatou en 2017, la CAN semble avoir perdu son ancrage temporel. Comme le rapporte 237online.com, cette compétition majeure erre désormais entre les mois, passant de l’été à l’hiver, et maintenant à cheval sur deux années. Cette instabilité chronique soulève une question cruciale : la CAN a-t-elle perdu son âme en même temps que son calendrier ?

Le Maroc 2025-2026 : Une CAN à contre-temps

La dernière décision en date du Comité exécutif de la CAF de programmer la CAN 2025 du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc est un nouveau coup dur pour les puristes. Cette programmation hivernale, dictée par les exigences de la FIFA, marque une rupture nette avec la tradition.

« C’est une honte pour le football africain« , s’indigne Moussa Fofana, ancien international ivoirien, contacté par notre rédaction. « Nous sommes en train de brader notre compétition phare pour satisfaire les caprices des Européens. »

La FIFA : Le grand méchant loup du football africain ?

Il est clair que la FIFA, avec sa Coupe du monde des clubs et sa Coupe du monde des Nations, exerce une pression considérable sur le calendrier africain. Mais jusqu’où ira cette influence ? La CAF a-t-elle encore les moyens de résister ?

Issa Hayatou : Le dernier rempart tombé

L’ère Hayatou apparaît aujourd’hui comme un âge d’or pour l’autonomie du football africain. Sa résistance face aux pressions extérieures semble aujourd’hui un lointain souvenir.

« Hayatou était peut-être autoritaire, mais au moins il défendait les intérêts de l’Afrique », confie sous couvert d’anonymat un membre de la Fédération camerounaise de football à 237online.com. « Aujourd’hui, on a l’impression que la CAF est devenue une marionnette. »

Samuel Eto’o : Héros national ou fossoyeur continental ?

Le rôle de Samuel Eto’o dans l’éviction d’Hayatou reste un sujet brûlant. Patriote pour certains, traître pour d’autres, l’ancien attaquant des Lions Indomptables divise. Son action a-t-elle finalement desservi les intérêts du football africain ?

« Eto’o a peut-être voulu bien faire, mais il a ouvert la boîte de Pandore« , analyse Célestin Tankou, sportif camerounais. « Maintenant, c’est toute l’Afrique qui en paie le prix.« 

Un avenir incertain pour le football africain

Face à ces bouleversements, l’avenir du football africain semble plus incertain que jamais. La CAN pourra-t-elle retrouver sa place et son prestige d’antan ? Ou est-elle condamnée à devenir un satellite des compétitions mondiales ?

Une chose est sûre : le football africain est à la croisée des chemins. Entre tradition et modernité, entre autonomie et globalisation, les choix qui seront faits dans les prochains mois seront déterminants pour l’avenir de ce sport sur le continent.

Le débat est lancé, et il promet d’être houleux. Car au-delà du simple aspect sportif, c’est toute l’identité du football africain qui est en jeu.

Par Émile Nguembou pour 237online.com

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