Politique

Cameroun – Jean Michel Nintcheu : « Biya est complice de notre humiliation »

Le député du Sdf dans le Wouri VI exige une enquête parlementaire pour faire la lumière sur les détournements présumés des fonds alloués aux chantiers de la Can 2019.

Il envisage des manifestations en cas de rejet de sa requête.

Quelle crédibilité le député que vous êtes accorde-t-il aux documents publiés sur les réseaux sociaux et dénonçant les détournements colossaux des montants affectés aux chantiers de la Can 2019 ?

Il faut prendre avec des pincettes les informations de manière générale, qui circulent sur les réseaux sociaux. Mais il y a un fait constant : la Can nous a été retirée, malgré l’engagement personnel du chef de l’Etat. M. Biya s’est engagé à ce que les travaux soient prêts le jour dit. Donc il y a tout lieu pour nous de penser qu’il y a eu de nombreux dysfonctionnements, qui ont fait en sorte que les travaux ne soient pas achevés, en tout cas ne respectent pas le cahier des charges qui était prévu à cet effet.

Vous envisagez de saisir l’Assemblée nationale afin qu’elle diligente une enquête parlementaire pour y voir clair. Que feriez-vous en cas d’échec de votre démarche ?

Nous allons déposer une demande d’enquête parlementaire auprès de l’Assemblée nationale pour faire toute la lumière sur cette ténébreuse affaire, parce que nous considérons que c’est une affaire d’une très grande gravité, avec des soupçons de surfacturation, de détournement en bande organisée sur une échelle hallucinante. Nous espérons qu’une enquête parlementaire va être ouverte. D’ailleurs je suis surpris que les parquets de la République ne mettent pas en branle l’action publique pour pouvoir débusquer ces bandits à col blanc, qui ont détourné des centaines de milliards de France CFA à travers des marchés de gré à gré, passés en toute opacité. Nous espérons que M. Biya est le premier responsable de tout ça et ce que nous lui demandons c’est très rapidement de faire en sorte que ces gangsters soient traduits devant les tribunaux et punis, conformément à la loi. Sinon, nous nous réservons le droit d’organiser une série de manifestations, de mobilier le peuple pour que M. Biya et son gouvernement de gangsters puissent rendre compte au peuple.

Quand vous dites que le chef de l’État est responsable, faites-vous allusion au fait qu’il était informé, depuis le 02 octobre, du fait que la lente évolution des travaux ne permettait pas au Cameroun d’organiser cette compétition ?

Tout à fait. C’est pourquoi nous pensons que M. Biya est complice de tout ce qui se passe, de cette énième humiliation dont tous les Camerounais sont
l’objet. Nous sommes la risée du monde entier, et nous pensons que nous ne pourrons pas tomber plus bas que terre. Je dirais que trop c’est trop. Nous
n’allons accepter aucune impunité dans cette affaire.

Au-delà des actions de dénonciation comme la vôtre, quelles leçons devons-nous tirer afin qu’à l’avenir de telles dérives ne se reproduisent plus ?

La seule façon de mettre un terme à ce genre de pratiques, c’est tout simplement un changement de système, parce que c’est M. Biya qui est le
maître d’œuvre de tout ce qui se passe. Tant qu’il est là, ces pratiques vont perdurer. Donc nous pensons qu’il faudra d’une manière ou d’une autre que M. Biya s’en aille pour qu’en afin nous puissions construire ce pays.

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Propos recueillis par Théodore Tchopa
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