Cameroun – Gouvernance forestière: Les investissements chinois passés au scanner

Bille de bois entrain d'être transportée

Un atelier regroupant les acteurs de ce secteur a eu lieu la semaine dernière à Yaoundé.La plateforme «Gouvernance forestière Chine-Afrique» a été créée en 2013 à Beijing, afin de promouvoir la coopération avec l’Afrique dans le secteur forestier. Deux ans plus tard, les acteurs de cette plateforme se sont retrouvés à Yaoundé, les 22 et 23 juin derniers, pour identifier les actions de prospérité et de durabilité pour le commerce et les investissements chinois dans le secteur forestier en Afrique. A l’issue de ces travaux, le groupe Cameroun s’est retrouvé pour réviser son plan d’actions. Au cours de cette révision, apprend-on, il est ressorti clairement qu’il faut poursuivre les résolutions qui avaient été adoptées auparavant.
Notamment celles concernant la recherche sur les investissements chinois, l’accompagnement des entreprises chinoises et la durabilité, indique Patrice Kamkuimo Piam, responsable du projet Gouvernance forestière Chine-Afrique au Centre pour l’environnement et le développement (Ced). «Les investissements chinois en Afrique sont de plus en plus énormes. Ces investissements touchent divers secteurs, dont le secteur forestier. Il y avait moins d’opérations à capitaux chinois dans le secteur forestier dans le passé mais de plus en plus, il y a un accroissement et quand il y a accroissement, ce sont des acteurs nouveaux, contrairement aux autres qui ont travaillé pendant longtemps dans ce secteur et se sont améliorés au fil du temps», affirme M. Kamkuimo Piam. Selon une étude menée dans le cadre de ce projet, la valeur des investissements chinois au Cameroun est 2,5 fois supérieure à toutes les autres sources d’investissement regroupées.

[b]Déforestation[/b]
La Chine est actuellement l’un des principaux partenaires économiques et commerciaux du Cameroun et son montant annuel d’investissements est estimé à 400 millions de dollars depuis 2007. Ces investissements chinois ont certes des effets positifs mais aussi des conséquences négatives dans le secteur forestier et autres secteurs affectant les forêts au Cameroun. En effet, les entreprises chinoises sont souvent accusées de ne pas respecter les lois et normes environnementales, tandis que les institutions camerounaises doivent relever le défi d’appliquer la réglementation, de coordonner les diverses administrations, et de développer une stratégie nationale réelle sur la viabilité et la durabilité des investissements dans le secteur forestier notamment.
Un secteur très important pour l’économie nationale, avec une valeur ajoutée ayant représentée de manière constante 2,7 % de la valeur ajoutée globale (Pib) entre 2008 et 2010, selon l’étude de l’importance économique et sociale du secteur forestier et faunique au Cameroun Minfof-Cifor, publiée en juillet 2013. «La Chine a une avance sur le plan technologique dans la transformation du bois et dans la gestion des ressources forestières de manière durable», affirme Chen Yong, le représentant de l’administration chinoise. Ce dernier affirme que l’Afrique a tout à gagner dans cette coopération. La plateforme «Gouvernance forestière Chine-Afrique» a pour missions, entre autres, de renforcer la collaboration avec les différents acteurs chinois intervenant dans le secteur forestier. Car il est prouvé que l’exploitation illégale des forêts, participe de la mauvaise gestion des ressources forestières. Ce phénomène largement répandu en Afrique est une des causes de la dégradation des forêts et de la déforestation.

[b]Patricia Ngo Ngouem[/b]

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