L’archevêque de Douala dénonce les détournements de projets d’utilité publique ou leur attribution à tête chercheuse.
Au plan économique, l’attribution des marchés publics est conditionnée par des rétro commissions. « Très souvent les différents projets ne sont pas totalement ou presque pas réalisés, soit parce qu’ils sont attribués aux entreprises fantômes, fictives, non qualifiées, appartenant parfois à des proches, à des amis ou aux groupes de lobbies, soit à cause de la longue chaîne des procédures administratives et de la corruption, qu’ils doivent subir », déplore Mgr Samuel Kléda. L’infrastructure routière laisse à désirer malgré la multiplication des postes de péage et de pesage, dont les recettes devraient pourtant servir à l’entretien du réseau routier. De même, il suffit de monnayer pour obtenir les documents personnels ou d’un véhicule de transport, ceci au mépris de la sécurité des voyageurs. Ceci explique la recrudescence des accidents causant de nombreux décès chaque année sur nos routes.
Il n’est pas jusqu’aux projets d’urgence sanitaire qui ne soient détournés au péril de la vie des patients, dans un environnement où la vie humaine est banalisée. La santé publique prend un coup et paie un lourd tribut. Dans les hôpitaux, « le serment d’Hippocrate n’existe plus. Seul compte l’enrichissement rapide. La santé du malade importe très peu au point que sa prise en charge dépend du rançonnement exigé de lui aussi bien par la structure que par le personnel soignant. » Comment alors expliquer que les malades soient orientés vers les cliniques privées au détriment des hôpitaux publics qui reçoivent pourtant des subventions ? s’interroge l’archevêque métropolitain de Douala sur un ton très acerbe, manifestement révulsé contre le système gouvernant camerounais.
T. T./ 237online.com
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