Cameroun : Foumban accueille les déplacés de l’Attaque de Bangourain

Les habitants de cette localité Bangourain du département du Noun fuient les affres des ambazoniens.

La population a fait son plein d’œuf devant le palais royal du sultan des Bamoun. Nous sommes mercredi le 26 décembre 2018, il est 17h. Impossible de se frayer un chemin à Foumban. Motos, voitures piétons s’agglutinent sur l’axe principal qui mène au palais. Ce sont les déplacés de Bangourain qui suscitent tant d’attention. Les natifs et les riverains de Foumban sont émus de les voir arriver, bagages sur la tete.
Samira, l’une des déplacés attire l’attention de plus d’un. Elle pleure avec son nourisson. Samira a donné naissance à ce garçon, il y a deux jours. A cause des affres des ambazoniens, ils ont dû parcourir 40Km à pieds. Cette endurance sous la fraîcheur et la poussière ambiante à l’ouest Cameroun. Le nourrisson est nu. Il est couvert uniquement par un pagne. Samira s’exprime en pidjin, les riverains et les curieux l’entourent. « Les habits de mon bébé ont été brûlés. Il a déjà eu froid, mais je ne peux rien. Il ne devrait pas vivre cette souffrance», s’écrie -t-elle, le visage meurtri.
A ses côtés, se trouve Yaya, son époux. Face à la souffrance de son nouveau-né, Yaya aussi ne peut rien. Ce père de dix enfants est à bout de force, il vient de parcourir 40 km à pieds. « C’est trop! Nous n’arrivions plus à dormir. Nos maisons sont brûlées. La terreur c’est à Bangourain maintenant», s’exclame le quinquagénaire, qui n’a rien pu emporter pendant sa fuite. « voilà mon plastique, j’ai juste ce manteau que j’ai retrouvé par chance. Nos effets ont tous été incendiés», explique-t-il, les lèvres sèches. «Depuis deux jours, je n’ai pas bu ni manger. Même nos réserves ont été réduites en cendre», affirme-t-il.
Une autre parmi les épouses de Yaya est toute couverte envahie poussière. Devant cette dame, se trouvent deux enfants âgés de 5 et 6ans. C’est depuis
11h qu’ils se sont mis en route pour arriver vers 18h. « nous évitions de marcher dans la nuit. c’est la raison pour laquelle nous nous sommes mis en route à cette heure sachant que nous pouvions arriver avant la tombée de la nuit», déclare-t-elle.
ils sont nombreux qui sortent de Bangourain comme cette famille. A leur arrivée à Foumban, ils se dirigent au palais. Ils sont sans abri. « ll faudrait que le sultan sache que nous souffrons. Dans notre territoire, nous devons fuir et nous cacher, ce n’est pas normal», lance une dame en colère.

Du réconfort

Ce mercredi 26 décembre à Foumban, un dispositif est mis sur pieds pour aider. Ibrahim Pouamoun Bradaris, le secrétaire départemental de la Croix
rouge du Noun. « Nous les accueillons depuis le mois de novembre. C’est vrai qu’une crise de famine s’installe bientôt dans le Noun. Les prix de sac de riz et maïs augmentent. Mais les déplacés sont orientés vers des familles d’accueil. Notre organisme lance un appel aux hommes de bonne volonté. Ceux qui ont des familles ou des connaissances à Mfoumban sont directement conduit là-bas». Cependant, le ministre de l’Administration Territoriale était mercredi à Foumban pour réconforter les victimes de l’attaque qui a fait un mort et plus de 80 maisons endommagées dans la nuit du 22 au 23 décembre. Paul Atanga Nji, le ministre a profité pour rassurer les populations sur des mesures de sécurité mises en place pour les protéger.
Bangourain est un arrondissement située dans le département du Noun. « Quand nous remontons l’histoire, les habitants ont un lien de parenté avec le peuple bamoun.. Les vieillards ont un peu de la peine à se à déplacer.

Bangourain est une localité située à 40 km de Foumban. Un vrai parcours du combattant pour les habitants. Nous sommes partis de Bangourain à 12h et
nous sommes arrivés ici aux environs de 18h» précise bouka.. «Nos parents sont en train d’arriver avec les tous petits, car ils marchent doucement.
Aucune voiture ne passe», rajoute -t-il.

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