Cameroun – Forfaiture: Les mauvais comptes du capitaine Bouba Simala

Bouba Simala

L’étau se resserre autour de l’ex-aide de camp du président de l’Assemblée nationale depuis les révélations médiatiques sur son insolente fortune, dans un contexte marqué du sceau de la lutte contre l’enrichissement illicite.L ’opinion commence à comprendre les vérités de l’affaire pompeusement présentée par une certaine presse comme un linge sale familial ou un règlement de comptes entre oncle et neveu. Le journal L’Epervier a levé un pan de voile sur la fortune privée du capitaine Bouba Simala, dans une de ses éditions de la semaine dernière, révélant au grand jour l’insolence de son enrichissement démesuré, qui pourrait justifier son outrecuidance à vouloir tenir tête à son patron, de surcroit le parrain de sa riche carrière professionnelle. Le capitaine, aujourd’hui mis au arrêts après les motifs d’ « actes de terrorisme, incitation au braquage et à l’enlèvement du président de l’Assemblée nationale », qui ont accompagné son limogeage le 15 juin dernier, serait à la tête d’une colossale fortune composée de plusieurs immeubles bâtis à Yaoundé, Douala et Maroua, des nombreux autres non bâtis dans les mêmes villes, de plusieurs voitures de luxe, et des comptes bancaires contenant des milliards de Fcfa, selon des révélations.
Dans les coulisses du palais des verres de Yaoundé, la surprise était de taille au regard de la qualité et du nombre 9, qui ont dû quitter le parking de l’Assemblée à la suite du limogeage du capitaine, des véhicules que de nombreux observateurs croyaient appartenir aux députés de la nation, mais qui en fait meublaient le parc automobile de l’ex-aide de camp. Suffisant pour les fins limiers des investigations financières de l’Etat pour enquêter sur les causes de cet enrichissement jugé démentiel. Selon des indiscrétions qui fusent des milieux autorisées du sérail, en plus des motifs qui fondent sa procédure judiciaire devant la justice militaire, à savoir « actes de terrorisme, incitation au braquage et à l’enlèvement du Pan », Bouba Simala pourrait en outre s’expliquer sur les sources de cet enrichissement.
Et pour cause, un lien de causalité pourrait également exister entre ces ressources exorbitantes pour un capitaine de son rang et les connexions avec Boko Haram, tel qu’il se susurre autour du dossier depuis le déclenchement du scandale. Les enquêteurs de la République seraient d’ailleurs en branle à la recherche d’éventuels complices du capitaine, et notamment au sujet des réunions de sécurité auxquelles il aurait pris part, du reste un pan de sa défense après la défection dont il aurait fait preuve au moment où le Pan risquait un enlèvement au quartier Golf à Yaoundé, selon les révélations qui fusent autour de l’affaire.

[b]Poste de premier ministre[/b]
L’opinion comprend désormais, et pour la légitimer, la décision du président de l’Assemblée nationale de se séparer de son neveu et aide de camp, et de le mettre à la disposition de son ministère d’origine qui a promptement réagit en ouvrant une enquête contre l’intéressé. Il ne pouvait en être autrement au regard de la campagne ambiante de lutte contre l’enrichissement illicite décidée par le Chef de l’Etat, sauf à croire que qualifier le Pan de collaborateur du chef de l’Etat n’a pas de signification. Cavayé Yéguié Djibril, c’est tout de même plus de 40 ans de loyauté et de fidélité aux institutions républicaines et au chef de l’Etat. Pouvait-il se targuer de protéger un individu, fut-il son neveu qu’il a luimême fabriqué de bonne foi ? Question de conscience qui dénote du sens élevé de ses responsabilités exprimé par le Pan, qui a manifestement mis en avant l’intérêt de la République devant ceux de sa famille.
Faut-il le rappeler, dans un esprit paternaliste, Cavayé Yéguié Djibril avait déjà pardonné plusieurs fois à son filleul lorsque ses impairs causaient un préjudice à son image personnelle et non à celle de la nation. Ainsi en est-il du montage de son dossier de candidature aux sénatoriales pour lequel il avait été induit en erreur par le même Bouba Simala, qui l’aurait convaincu d’avoir reçu un coup de fil de l’aide de camp du Chef de l’Etat, l’invitant à postuler au Sénat afin de rester la deuxième personnalité de l’Etat. Aujourd’hui, les langues se délient pour inscrire toutes ces manoeuvres dans un plan diabolique visant à pousser son patron à la faute, afin de le discréditer auprès du chef de l’Etat, apprend-on de sources autorisées.
En ligne de mire de cette déstabilisation, le poste de Premier ministre que convoitent certaines élites de l’Extrême-nord, dans la perspective d’un réajustement de la géopolitique nationale, avec la présidence de l’Assemblée nationale à un ressortissant du Nord-ouest et conséquemment, le fauteuil de chef du gouvernement à un ressortissant du septentrion. Les connexions malencontreuses sont évoquées entre Bouba Simala et certains adversaires politiques du Pan dans l’Extrême-nord, que des confusions pernicieuses d’une presse manipulée permettent de crédibiliser. Bouba Simala aurait-il joué de complicité avec les adversaires politiques de son patron ? Tel est l’autre écheveau que l’enquête ouverte pourrait démêler, mais en attendant, les comptes sentent mauvais pour le capitaine accusé de vouloir assassiner la 3ème personnalité de la République.

[b]Ibrahimou KARKI[/b]

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