Cameroun – Fonds National de l’Emploi: Les grands défis 25 ans après

1990 – 2015. Cela fait vingt-cinq ans que le Fonds National de l’Emploi (FNE) est né. A l’échelle humaine, c’est un bel âge. C’est l’âge où on a cessé de suivre les chemins de son adolescence, pour emprunter ceux qui conduisent à la prise en charge de soi, aux responsabilités d’adulte. La place d’acteur majeur qu’occupe le FNE dans la vie de la Nation ne surprend donc guère. La hiérarchie de la structure entend d’ailleurs la consolider comme l’indique le thème retenu pour la célébration de cet anniversaire, à savoir : « Le FNE : 25 ans de lutte sans relâche pour l’emploi ».
A l’occasion du 25e anniversaire du Fonds National de l’Emploi, votre journal La Nouvelle Vision a décidé de faire entorse à la tradition qui veut qu’en pareille circonstance, on se penche essentiellement sur le passé, pour évaluer le chemin parcouru, récapituler les bons et les mauvais souvenirs, en mettant en exergue les plus valorisants. Toutefois, il convient de relever que depuis sa sortie des fonts baptismaux le 27 avril 1990, la vie du FNE n’a pas été un long fleuve tranquille. Ce Service public d’emploi au Cameroun a été, au fil des ans, confronté à des difficultés de toutes sortes. Son mérite, contrairement à de nombreuses autres structures créées par l’Etat, c’est de les avoir surmontées. Ce qui fait du FNE depuis quelques années, une structure dont les pouvoirs publics peuvent se vanter des performances.
Même si le FNE a toujours su surmonter les difficultés, il convient tout de même de noter qu’il est confronté à de nombreux défis qu’il devra relever, s’il veut consolider sa position de tête de proue dans la promotion de l’emploi sur l’étendue du territoire national. En bonne place parmi ces défis figure l’arrimage aux nouvelles technologies pour mieux capter ses cibles qui sont de plus en plus les jeunes. A côté de ce challenge qui permettra au FNE de consolider ses acquis, le gouvernement quant à lui doit relever de nombreux autres défis dont celui du financement de cet instrument de l’Etat. Jusqu’à présent, les ressources financières du FNE proviennent principalement de 1% de la taxe patronale prélevée auprès de l’ensemble des entreprises du Cameroun. Au regard des missions qui sont assignées au FNE, cette ressource provenant de la taxe patronale s’avère insignifiante. Les pouvoirs publics devront donc faire preuve de plus d’imagination pour renflouer les caisses de cet instrument de l’Etat pour que ce dernier parvienne à une efficacité maximale dans lecombat national de lutte contre le chômage. A ce propos, le Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Zacharie Perevet, rassure : « le gouvernement de la République pour sa part, va continuer à soutenir le FNE, par la mise à disposition de plus de moyens », afin que le Fonds National de l’Emploi continue de jouer le rôle qui est le sien.
Avec les modestes ressources financières que l’Etat accorde au FNE, la structure que dirige Camille Mouté à Bidias a satisfait sur le plan de l’information, de l’accompagnement, d’appui des petits projets… On peut également se satisfaire largement des résultats en chiffres au 31 décembre 2014 dont le total des insertions s’élevait à 443 211. Nos gouvernants pourront-ils comprendre un jour que, pour combattre efficacement le chômage dans nos pays africains, il faudrait que les politiques gouvernementales ne se focalisent plus seulement sur la croissance économique, mais qu’elles mettent un accent sur l’emploi.

[b]Ahmed Mbala[/b]

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