Cameroun – Fête du travail: Les ministères en mode restriction du budget

Le mot d’ordre dans les différents démembrements du gouvernement est la maitrise de la dépense en ces temps d’économie de guerre.[pagebreak]Ministère de l’Education de base en ce mardi matin 28 avril 2015, les allées et venues des fonctionnaires sont une image familière en ces lieux. Réunion à gauche, séance de travail à droite, c’est la routine. Mais pour peu qu’on soit un observateur averti, on remarque que quelques personnes portent quelques paquets en main. A y regarder de près, ce sont des morceaux d’étoffe offert pour la fête du travail. Une employée des lieux confie « c’est le tissu de la fête qu’on nous a donné. Je compte le remettre à ma couturière ce soir même ». Comme elle, tous ou presque, des fonctionnaires du ministère de l’Education de base (Minédub), services centraux et déconcentrés, ont reçu leur tissu. Mais un responsable précise que « les festivités vont se limiter au défilé et au petit cocktail offert par la suite dans les locaux du ministère, restriction budgétaire oblige.

C’est le même son de cloche au ministère du Commerce. Pas question d’organiser des manifestations budgétivores comme par le passé. « La guerre contre Boko Haram, qui place le Mincommerce au centre de la collecte des dons est passé par là », renchérit un haut responsable des lieux. Le tour fait dans les autres départements ministériels n’apprend rien de nouveau. Partout, c’est la faute à la guerre contre la secte terroriste. On s’est sûrement passé le mot. Les pagnes quant à eux restent omniprésents, et le petit pot d’après défilé, une institution. Comme quoi un rafraichissant après un séjour sous le soleil n’a rien de dramatique.
La fête du travail, jadis réservée aux seuls employés du secteur privé, a vu depuis une quinzaine d’années, l’arrivée massive des fonctionnaires du public. Un intérêt qui a vu les budgets des ministères intégrés une nouvelle ligne. L’ambiance générale dans le pays pousse cette année, les différents responsables, tel qu’on l’a constaté, à mettre la pédale douce sur les dépenses allouées à cet effet. Néanmoins, on promet que la fête sera belle. Alors même que pour Jean Marc Bikoko, s’exprimant à cet effet dimanche dernier sur les antennes de Radio Siantou, « la fête du travail est d’abord une affaire des travailleurs. Il n’appartient pas aux patrons et aux autorités de venir leur voler la vedette en organisant une parade ».

Georges Parfait Owoundi

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