La récente décision du Président Fondateur du Parti Camerounais Pour la Réconciliation Nationale (PCRN) d’exclure définitivement 24 membres soulève des questions sur l’avenir du dialogue politique au Cameroun. Selon une lettre officielle obtenue par 237online.com, ces membres, dont des figures de proue comme Cabral Libii Ngangue et Boubakari Massardine, sont accusés d’avoir « immoderé leur désir d’exclusion ».
« Le PCRN ne peut pas prôner la réconciliation d’un côté et tolérer des membres qui sèment la division de l’autre« , déclare un cadre du parti sous couvert d’anonymat à 237online.com. « Cette décision envoie un message fort : la réconciliation oui, mais pas à n’importe quel prix« .
Au-delà des querelles internes au PCRN, cette affaire est symptomatique des profondes divisions qui traversent la société camerounaise. Clivages ethniques, religieux, régionaux… Les lignes de fracture sont nombreuses et entravent le dialogue national.
Dans ce contexte, le rôle des partis politiques comme le PCRN est crucial. Ils doivent montrer l’exemple en favorisant le débat constructif et en sanctionnant les dérives. Un défi de taille dans un pays où la culture du compromis reste à construire.
L’exclusion de figures de premier plan comme Cabral Libii Ngangue pourrait rebattre les cartes politiques. Ce jeune leader charismatique, arrivé 3ème à la présidentielle de 2018, dispose d’une base importante, notamment chez les jeunes. Son éviction du PCRN pourrait l’inciter à lancer son propre mouvement et à bousculer le jeu électoral.
Plus largement, cette crise pose la question de la pertinence des partis traditionnels face aux aspirations nouvelles de la société. Émergence d’une classe moyenne, montée en puissance de la société civile, exigence accrue de transparence… Le Cameroun change, et le monde politique doit s’adapter s’il veut garder le contact avec les citoyens.




