Cameroun : Eto’o met en garde contre un fiasco face au Cap-Vert, le clash avec le ministre des Sports s’envenime

Mouelle kombi et Samuel Eto'o

À quelques jours du match crucial contre le Cap-Vert, Samuel Eto’o, président de la Fecafoot, tire la sonnette d’alarme dans un courrier au ministre des Sports. Il y dénonce les ingérences qui risquent selon lui de compromettre les chances de victoire et d’exposer le Cameroun à des sanctions de la FIFA. Retour sur un bras de fer qui vire au duel fratricide.

Un staff remanié en catimini par le ministre et le sélectionneur

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? Le remaniement en douce par le ministre Narcisse Mouelle Kombi et le sélectionneur belge Marc Brys de la liste du staff censée avoir été validée par toutes les parties lors de l’arbitrage présidentiel. Un énième coup de force qui a mis Eto’o hors de lui, comme il l’a fait savoir dans sa lettre cinglante du 5 juin dont 237online.com a obtenu copie. « Seules les personnes nommées par la Fecafoot sont reconnues par la Fifa et habilitées à recevoir les accréditations pour les rencontres internationales », y martèle l’ancien capitaine des Lions. Sous-entendu : les hommes de Brys et Kombi seront persona non grata sur le banc et risquent de plomber la préparation des matchs contre le Cap-Vert (le 8 juin) et l’Angola (le 11).

Angbwa, l’homme de la discorde

Au cœur de ce psychodrame, un nom cristallise les tensions : celui de Benoît Angbwa, l’ex-international que la Fecafoot voulait imposer comme sélectionneur adjoint et coordonnateur des équipes nationales. Un choix rejeté par le ministre et le coach belge, au grand dam d’Eto’o qui dénonce un « déni de compétences ». Angbwa, proche du président de la Fédé, serait devenu la bête noire du ministère qui l’accuse en coulisses de vouloir saper l’autorité de Brys. Une lutte d’influence sans merci dont les Lions sont les premiers otages.

Menaces de sanctions de la Fifa : Eto’o sonne l’alerte rouge

Dans ce courrier au vitriol adressé à son ministre de tutelle, Samuel Eto’o agite aussi le chiffon rouge des représailles de la Fifa. Il rappelle que toute « ingérence politique » dans les affaires de la Fédé expose le Cameroun à de lourdes pénalités. « Il est crucial de permettre à la Fecafoot d’accomplir ses missions dans le cadre de l’organisation des matchs internationaux supervisés par la Fifa ou la CAF », prévient-il, mettant en garde contre le risque de voir les matchs annulés ou le pays suspendu. Un argument choc pour tenter de reprendre la main à l’approche de la venue d’émissaires de l’instance mondiale le 6 juin.

Un bras de fer stérile sur fond de guerres d’ego

Au-delà des questions de personnes et de prérogatives, ce énième épisode du feuilleton Fecafoot vs Minsep illustre surtout l’impossibilité des deux taus du foot camerounais à s’entendre. D’un côté, un Samuel Eto’o auréolé de sa légitimité d’ancien lion et de patron élu de la Fédération, bien décidé à secouer le cocotier et à imposer ses vues. De l’autre, un ministre Narcisse Mouelle Kombi jaloux de son autorité de tutelle et peu enclin à se laisser dicter la marche à suivre. Entre les deux, une guerre d’usure abrasive dont les dindons de la farce sont les amoureux du ballon rond. Pendant que les egos s’étripent, les pelouses attendent…

Par Franck Fouda pour 237online.com

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