Cameroun : Eto’o dément toute ambition présidentielle, le clash continue !

Samuel Eto'o

Alors qu’il est englué dans un bras de fer sans fin avec le gouvernement, Samuel Eto’o a publié un communiqué choc ce 13 juin. Le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) y dément catégoriquement toute velléité de briguer un jour la magistrature suprême. « Je le redis haut et fort : moi, Samuel Eto’o fils, je ne suis pas candidat à la présidence du Cameroun« , martèle l’ancien capitaine des Lions Indomptables. Une mise au point fracassante qui intervient alors que le conflit avec le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi et le tout-puissant secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh atteint des sommets.

« La Fecafoot n’est pas un tremplin pour la présidence« 

Dans cette longue lettre publiée sur ses réseaux sociaux, Eto’o s’emploie à couper court aux spéculations qui l’envoient régulièrement au palais d’Etoudi. « La présidence de la Fecafoot n’est pas un tremplin pour accéder à la présidence de la République« , affirme-t-il, comme pour mieux enfoncer le clou. Une rumeur tenace, qui avait déjà enflammé la toile en 2018 lorsque Jeune Afrique avait publié, un 1er avril, un canular annonçant sa candidature face à Paul Biya.

Cinq ans plus tard, rebelote. Alors que le torchon brûle entre la Fecafoot et le gouvernement, les supputations vont bon train sur les ambitions politiques de l’ancien buteur du Barça. Au point de pousser Eto’o à sortir du bois pour démentir toute velléité présidentielle. Une « clarification nécessaire pour que cesse cette focalisation malsaine » sur sa personne, s’agace-t-il, non sans envoyer une pique à ses détracteurs.

Eto’o convoque le soutien de Paul Biya

Car en réaffirmant qu’il n’a d’yeux que pour le football, Samuel Eto’o règle aussi ses comptes avec le ministre des Sports et le patron de la présidence. Une façon de leur signifier que leurs manœuvres pour l’affaiblir ne le détourneront pas de sa mission : « offrir à notre jeunesse les commodités qui ont manqué à sa génération ». Quitte à « travailler vingt heures par jour » et à faire « souffrir sa famille ».

Le message est clair : Eto’o ne lâchera rien dans son bras de fer avec le gouvernement. Et pour mieux asseoir sa position, il n’hésite pas à convoquer le soutien de Paul Biya himself. En rappelant qu’il a voté pour lui en 2018 et qu’il lui apporte un « soutien indéfectible« , le patron de la Fecafoot joue la carte de la loyauté présidentielle. Histoire de couper l’herbe sous le pied de Ferdinand Ngoh Ngoh et Narcisse Mouelle Kombi, qui se posent en défenseurs de l’autorité du chef de l’État dans ce conflit.

Un clash qui s’enlise, les Lions en otages

Reste que malgré ce coup de com’ bien senti, le clash Fecafoot-gouvernement est loin d’être réglé. Comme le rappelle 237online.com, les deux camps restent arc-boutés sur leurs positions concernant la gestion des Lions Indomptables. Malgré les injonctions de Paul Biya à trouver un terrain d’entente, Eto’o et Mouelle Kombi continuent de s’écharper par communiqués interposés sur la composition du staff de la sélection.

Un bras de fer stérile et dommageable, dont les Lions sont les premières victimes. Pris en otages par les ego surdimensionnés des dirigeants, les joueurs attendent désespérément de pouvoir se concentrer sur le terrain. Mais entre les convocations qui tardent, les primes impayées et les menaces de sanctions brandies par la Fecafoot, difficile de préparer sereinement les prochaines échéances.

Alors non, Samuel Eto’o ne sera pas candidat en 2025. Mais en attendant, c’est bien une autre élection qu’il joue : celle de son avenir à la tête du football camerounais. En sortant les griffes face au gouvernement, la légende des Lions prouve qu’il n’a pas dit son dernier mot. Quitte à se mettre à dos tout le landerneau politique pour sauver sa peau.

Par Christian Ntoumba pour 237online.com

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