Cameroun : Eto’o défie le gouvernement, la FECAFOOT va nommer ses propres entraîneurs !

Samuel Eto’o et Ferdinand Ngoh Ngoh

La crise qui couvait entre la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) et le gouvernement vient d’éclater au grand jour. Selon des documents exclusifs obtenus par 237online.com, Samuel Eto’o, le bouillonnant président de la FECAFOOT, a convoqué un comité d’urgence qui a pris une décision explosive : nommer ses propres « membres des structures d’encadrement des sélections nationales de football », en totale contradiction avec les récentes décisions du gouvernement. Un véritable camouflet pour les autorités camerounaises, qui risque de plonger le football national dans une crise sans précédent.

Eto’o contre-attaque et snobe la nomination de Marc Brys

Le point de départ de ce bras de fer ? La récente nomination par le gouvernement de Marc Brys au poste d’entraîneur des Lions Indomptables. Une décision unilatérale qui n’a visiblement pas du tout été du goût d’Eto’o et de son équipe. Loin de s’incliner, la FECAFOOT a décidé de riposter en annonçant qu’elle allait, elle aussi, procéder à ses propres nominations. En clair, Eto’o envoie un message fort : il ne reconnaît pas la légitimité du gouvernement à s’immiscer dans les affaires du football camerounais.

Cette posture de défi illustre la détermination d’Eto’o à affirmer son autorité et son indépendance à la tête de la FECAFOOT. Mais elle ouvre surtout la porte à un scénario surréaliste où les Lions Indomptables pourraient se retrouver avec deux entraîneurs concurrents. Une situation inédite et potentiellement explosive qui risque de paralyser totalement la sélection nationale.

Vers un nouveau comité de normalisation ?

Face à cette impasse, beaucoup redoutent que la FIFA ne soit contrainte d’intervenir une nouvelle fois pour mettre de l’ordre dans le football camerounais. Le spectre d’un énième comité de normalisation, comme celui qui avait été imposé en 2013, refait surface. Un scénario catastrophe pour tous les amoureux des Lions, qui ne peut qu’affaiblir davantage une équipe nationale déjà en proie aux doutes après ses récentes contre-performances.

Mais Eto’o semble prêt à aller jusqu’au bout dans son combat contre ce qu’il considère comme une ingérence inacceptable du gouvernement. Le fait que les quatre vice-présidents de la FECAFOOT aient participé à ce comité d’urgence témoigne d’un front uni et déterminé au sein de l’instance. Une détermination qui pourrait cependant se heurter à la réalité du rapport de forces avec les autorités étatiques.

Un bras de fer aux conséquences potentiellement désastreuses

Car au-delà de la question des entraîneurs, c’est toute la gouvernance du football camerounais qui est en jeu. En ouvrant cette crise, Eto’o prend le risque de braquer définitivement contre lui une partie du pouvoir, au risque de voir sa marge de manœuvre se réduire comme peau de chagrin. Et c’est le football camerounais dans son ensemble qui pourrait en payer le prix fort, avec une instabilité chronique et des luttes d’influence sans fin qui ne peuvent que nuire à la performance sportive.

Il est plus que temps que les différents acteurs prennent la mesure des enjeux et fassent preuve de responsabilité. Car si cette crise devait s’enliser, c’est non seulement la crédibilité de la FECAFOOT qui serait durablement entachée, mais aussi et surtout l’avenir des Lions Indomptables qui serait hypothéqué. Un gâchis dont le Cameroun, terre de football passionnée et talentueuse, n’a vraiment pas besoin en ce moment.

Alors que les nuages s’amoncellent, il est urgent que la raison l’emporte sur les egos. Pour que le ballon rond continue de rouler, et que les Lions Indomptables puissent à nouveau rugir d’une seule et même voix.

Par Boris Kamdem pour 237online.com

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