Cameroun-Elie Smith « Le gouvernement sans le soutien de la diaspora anglophone est voué à l’échec » – 237online.com
Politique

Cameroun-Elie Smith « Le gouvernement sans le soutien de la diaspora anglophone est voué à l’échec »

Suite à la récente sortie du Premier ministre dans la région du Nord-ouest, le porte-parole de la « Anglophone general conference » se félicite, au micro de 237online, de la disposition de Yaoundé à dialoguer non sans relever les freins éventuels à la réussite de cette démarche.Comment avez-vous pris la décision de Yaoundé d’aller au dialogue ?

Nous nous félicitons du fait que le chef de l’Etat a compris que le dialogue est important. C’est un sérieux revers à l’intention des ministres qui refusaient la réalité ; c’est la deuxième fois qu’il le fait. Maintenant nous attendons de voir comment ce dialogue va se faire. Est-ce qu’il va être mené par les mêmes médiateurs, ceux qui ont attisé ce conflit, ou il y aura un groupe de personnes indépendantes, neutres et objectifs qui seront désignés pour parler avec nos frères et sœurs qui sont fâchés parce que la forme de l’Etat a été bafouée et qu’ils ne se sentent à l’aise dans ce pays .

Qu’est-ce qui peut justifier cette décision à cette heure seulement et pas avant ? (Pression internationales ?)

1xbet AFF

C’est un ensemble de pressions internationales et aussi la réalité économique. La réunion du conseil de sécurité n’aura pas un effet c’est seulement pour constater la réalité. C’est en partie une raison parce que le Gouvernement a toujours voulu que ce problème soit considéré comme une affaire interne. Cette première réunion démontre que ce n’est plus un problème régional, mais un problème international. Il y a aussi l’aspect économique. Dans cette guerre, le Gouvernement est en train de perdre beaucoup d’argent. Aussi, le Gouvernement a voulu présenter cette crise comme une lutte comme une lutte contre le terrorisme, une idée qui a été rejetée par les partenaires du Cameroun dans la lutte contre la lutte contre le terrorisme. Ceux-ci estiment que le Cameroun est en train de perdre dans sa guerre contre Boko Haram.

Quelles sont les chances de réussite de ce projet à votre avis ?

Ça a tout l’air d’une poudre aux yeux. Si le Gouvernement avait par exemple dit j’ai créé une commission chargée de prendre attache avec la diaspora anglophone. Parce que tout ce que Gouvernement entreprendra sans le soutien de la diaspora anglophone est voué à l’échec. Si le gouvernement avait déjà mis sur pied une commission et un calendrier on pourrait espérer. La sortie du premier ministre a tout l’air d’un effet d’annonce. On ne peut pas encore s’avancer sur les chances de réussite de ce dialogue si l’on ne connait pas encore les interlocuteurs, la démarche et les calendriers. Ce ne sera pas facile parce que la suspicion, la haine sont déjà très encrés et émanent d’une déception de 58 ans, depuis que le Gouvernent a décidé de mettre fin au système fédéral. Mais moi je suis un éternel optimiste. Si on met à contribution les moyens qu’il faut on peut réussir un dialogue qui peut ramener la paix et la stabilité au Cameroun.

Quels sont les préalables sinon les conditions favorables à la réussite de cette initiative des officiels de Yaoundé ?

Premièrement, Il faut que du côté du côté du Gouvernement on sache qui va mener ces négociations. Secundo, il ne faudra pas qu’on pose des conditions ; il y a un problème fondamental au Cameroun, la loi qui a réuni les deux parties du Cameroun a été bafouée. Aussi il y a des gages de confiance qu’on doit mettre. Vous avez peu près 2000 anglophones qui sont dans les prisons ; il faut libérer toutes ces personnes, du moins ceux y sont injustement (litiges fonciers, conflits personnels avec des autorités…) pour décrisper le climat. L’armée doit cesser de commettre les exactions notamment des incendies, des pillages, elle doit se comporter de manière professionnelle car cette atteinte aux lois élémentaires de guerre contribue à grossir les rangs des ambazoniens, je ne considère pas, pour autant les ambazoniens comme des anges.

Comment l’annonce a été accueillie à la « Anglophone general Conference »

Nous avons accueilli cette nouvelle avec satisfaction, parce que nous avons toujours supplié le Gouvernement pour qu’il y ait un dialogue. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avions voulu organiser la « Anglophone General Confenrence », pour que le Gouvernement ait des interlocuteurs directs, pour que le Gouvernement ait la réalité sur le terrain à la place des mensonges rapportés par des ministres. Nous souhaitons cependant que ce dialogue soit clair sommes disposés à donner de l’aide afin que ce dialogue puisse réussir si on nous sollicite. Ceci parce que c’est nous, du Nord-ouest et du Sud-ouest, car chez nous l’économie a été détruite, les gens meurent chaque jour, nos enfants ne font pas à l’école depuis bientôt quatre ans, le système de santé est détruit ; nous sommes perdants, le Cameroun tout entier autant.

Quid de la « Anglophone général conference » ?

Nous y travaillons ardemment ; nous sommes dans les derniers reglages. Dans les jours à venir nous allons annoncer lieu et la date de sa tenue. Nous ferons encore des demandes pour la manifestation comme la fois dernière pour avoir l’autorisation. Nous croyons pertinemment que c’est une manière de résoudre ce problème.

Commenter avec facebook

Source
Entretien mené par Romulus Dorval KUESSIE
Tags
Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer