Cameroun – Ebola: le tueur silencieux à nos frontières





Au regard de l’avancée de l’épidémie du virus Ébola à partir de l’Afrique de l’Ouest, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) a décrété une urgence de santé publique de portée mondiale, le 08 août.[pagebreak]Depuis sa forte virulence, il y a quelques mois, l’épidémie Ébola a, selon les données de l’Oms, fait près de 1 000 morts dans cinq pays d’Afrique (la Sierra Leone, le Liberia, la Guinée et le Nigeria). De plus en plus, les vols internationaux des compagnies aériennes de cette partie du continent sous considérés comme un potentiel vecteur de propagation de l’épidémie à travers la planète. C’est l’alerte maximale pour tous les vols en provenance de ces foyers potentiels de la maladie.
Appartenant à la famille des Filoviridae (filovirus), Ébola découvert en septembre 1976 en Rdc regroupe des virus à l’apparence filaire caractéristique. Il appartient à l’ordre des Mononegavirales (mononégavirus), regroupant les virus à ARN monocaténaire à génome linéaire non segmenté à polarité négative. Des chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés constituent le réservoir naturel du virus Ébola. Chez les humains et les autres primates, ce virus provoque une fièvre hémorragique virale aiguë affichant un taux de létalité pouvant atteindre 90% et pour laquelle il n’existe aucun traitement. Compte tenu de sa nature particulièrement dangereuse, ce virus ne peut être manipulé qu’au sein de laboratoires P4, ou BSL-4, conçus pour prévenir les risques de contamination par accident ou à la suite d’actes de malveillance (bioterrorisme). Le cycle du virus dans la nature est encore mal connu par les scientifiques. On sait qu’il affecte certains grands singes et les chauves-souris. La transmission par contact direct avec les liquides organiques (sang, sueur, sperme, matières fécales, vomissures et salive) d’une personne infectée est la plus considérable de toutes. Les risques de propagation chez le personnel hospitalier sont très élevés.
Selon les médecins, la fièvre hémorragique Ébola se caractérise par une soudaine montée de fièvre accompagnée d’asthénie, de myalgie, de céphalées ainsi que de maux de gorge. Débutent ensuite les diarrhées, les vomissements, les éruptions cutanées et l’insuffisance rénale et hépatique. Des hémorragies internes et externes surviennent ensuite, suivies du décès par choc cardio-respiratoire dans 50 à 90% des cas. La durée d’incubation (le temps écoulé entre l’infection et l’apparition des symptômes) varie de 2 à 21 jours, mais elle est dans la plupart des cas de 4 à 9 jours. Le décès survient dans un tableau de choc avec défaillance multi-viscérale, au bout de 6 à 16 jours. Les cas non mortels peuvent entraîner des séquelles neurologiques, hépatiques ou oculaires. D’après le personnel médical, ce virus présente 5 souches différentes identifiées au Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston et dans la Forêt de Taï. Les trois premières sont particulièrement redoutables avec des taux de mortalité pouvant atteindre 90% chez l’homme. Et pour le moment, il n’existe aucun traitement curatif. Toutefois, il est annoncé l’éventualité d’utiliser le sérum ZMapp expérimental en Afrique de l’ouest. Il s’agit d’un traitement qui a été administré à deux Américains travaillant pour l’organisation caritative Samaritan’s Purse au Liberia. Mais, il s’agit d’un sérum qui n’est qu’à un stade très précoce de son développement. Donc pour l’instant, vigilance et gare aux animaux morts trouvés dans la brousse !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *