Cameroun – eau potable: Ruée vers les puits et forages à Ngaoundéré

Depuis 10 jours les robinets sont secs dans la ville.C’est dans les puits et forages de fortune que les populations de Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l’Adamaoua s’approvisionnent depuis le jeudi 12 mars 2014, date de la coupure d’eau. L’eau qui coule des robinets de la Camerounaise des Eaux est devenue une denrée rare pour les populations obligées de se rabattre à la consommation d’eau de puits et de forages et de parcourir plusieurs kilomètre pour se ravitailler. « C’est dans ce puits que les femmes jardinières utilisent que l’on vient maintenant puiser de l’eau pour la consommation et les travaux domestiques. On n’a aucune information sur les causes de cette interruption de livraison d’eau », s’alarme Hadja Nenné, une ménagère au quartier Haoussa. D’autres s’approvisionnent dans les forages construits par des particuliers dans les domiciles.
« C’est un paradoxe que les habitants de la région château d’eau du pays, dont le territoire est suffisamment arrosé par les cours d’eau, puissent subir un tel sort que leur impose l’entreprise chargée du traitement et de la distribution de l’eau au Cameroun » s’indigne Njika Nana, habitant du quartier Bamiyanga. Dans cette partie de la ville, le calvaire de la population dure depuis le mois de janvier 2015.
« C’est au plus une heure par jour que nous avons de l’eau et depuis janvier 2015, c’est à l’eau de puits que l’on s’abreuve ici », se plaint Mouhamadou Laminou, un habitant du quartier.
Dans cette dure épreuve, les ménagères se débrouillent comme elles peuvent pour s’alimenter en eau potable. « Ici au quartier Burkina, nous nous ravitaillons dans les puits parce qu’il n’y a pas de forage. Malgré la qualité douteuse de cette eau, on n’a pas le choix », explique une ménagère. Dans les quartiers dotés de forages à motricité humaine, l’on se débrouille comme on peut avec parfois le tarissement du forage.
La qualité de l’eau servie par la Cde est aussi un sujet de conversation ici. De couleur jaunâtre, elle est déconseillée à la consommation par le personnel sanitaire. D’après eux, cette eau est source de nombreuses maladies hydriques.
A la Cde, rien ne filtre. Les multiples tentatives de joindre le délégué régional pour la région de l’Adamaoua sont restées vaines. « Il est sur le site de la Vina où les techniciens sont en train de travailler. Je ne peux rien vous dire de plus », s’exclame un responsable de l’agence de Ngaoundéré.
D’après lui, il s’agit d’une panne sur les installations de la Cde au niveau de la centrale de WackWa sur les berges du pont de la Vina. Selon lui, la pièce de rechange est arrivée à Ngaoundéré et ils annoncent pour dimanche prochain le retour à la normale.

Adolarc Lamissia

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