Cameroun: Dieudonné Enoh Meyomesse écope d’un emprisonnement ferme de 40 mois

C’était lors d’une audience hier à la Cour suprême du Cameroun.[pagebreak]L’audience qui a duré une quinzaine de minutes, hier à la Cour suprême du Cameroun, s’est soldée par des cris de joie. Les membres du Collectif de soutien de l’écrivain et homme politique, Enoh Meyomesse, n’ont pas pu retenir leur joie une fois qu’ils ont pris conscience que l’accusé est libre. L’auteur lui-même n’en revient toujours pas. Il l’emporte par une victoire après 25 renvois. Une fois le jubilé terminé, les autres prisonniers et lui sont retournés à la prison centrale de Kondengui, où il est écroué depuis 2011. Ses avocats entendent faire des démarches dès ce jour pour la signature de sa levée d’écrou et sa libération.
Une étape qui fera certainement place à l’introduction d’une autre procédure auprès des tribunaux. Les avocats ne sont pas satisfaits du verdict rendu par le tribunal. Alors qu’ils attendaient que la Cour suprême casse le jugement rendu le 27 décembre 2012, par tribunal militaire à Yaoundé,- sept ans de prison et une amende de 200.000 Fcfa pour complicité de vol et de revente illicite d’or-, Enoh Meyomesse a été reconnu coupable d’un autre chef d’accusation à savoir «recel aggravé», et condamné à 40 mois de prison ferme. Avant sa condamnation par le tribunal militaire, l’auteur de «Poème carcéral… Poésie du pénitencier de Kondengui» (Editions du Kamerun, novembre 2012), avait déjà passé 13 mois en prison. Ainsi, Enoh Meyomesse a déjà purgé la peine de 40 mois de prison servie par la plus haute juridiction du Cameroun. Au sujet du verdict, Enoh Meyomesse indique : « Je pense que le juge à couper la poire en deux. Il m’a condamné pour faire plaisir à une personne haut placée et la peine privative de liberté était parce qu’il était conscient qu’il n’y avait aucune charge réelle contre moi».
Mais ce n’est pas tant la peine d’emprisonnement, prononcée par le président du tribunal, Gilbert Schlick, qui gêne les avocats de l’accusé mais plutôt l’accusation dont il a été rendue coupable «recel aggravé». Dans la mesure où, le chef d’accusation en question, avait été introduit pour la première fois par la partie plaignante lors de la dernière audience à la Cour suprême, le 30 mars dernier. Depuis l’introduction de la demande d’appel auprès de la Cour suprême, le 28 décembre 2012, il s’agissait toujours d’une accusation de «complicité de vol aggravé et de vente illégale d’or». Toutefois, depuis le 30 mars dernier, l’accusation a été changée au grand dam du plaignant et de ses conseils. Surtout que cette accusation de «recel aggravé» avait d’ailleurs été rejetée par le juge d’instruction, «la qualification de recel avait déjà été disqualifiée par le juge d’instruction dans son ordonnance de renvoi à la barre, et qu’il était bien curieux qu’elle soit réintroduite à ce stade de la procédure», s’étaient insurgés les avocats de Enoh Meyomesse.
Le verdict d’hier donne raison à l’écrivain qui voyait une fin heureuse à ses déboires judicaires, lors de la nomination du juge Gilbert Schlick. Lui qui connaît de son dossier depuis qu’il a été nommé à la présidence de la Cour d’appel du Centre par un décret présidentiel publié le 18 décembre 2014, dans la foulée avec de nombreux autres textes réorganisant le corps de la magistrature. En rappel, c’est le 22 novembre 2011 qu’il a été arrêté à l’aéroport de Nsimalen, à sa descente d’avion alors qu’il était en provenance de Singapour.

Nadine Guepi

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