Cameroun: Démission du directeur général de Campost

Campost

Officiellement rappelé en France, Hervé Béril a directement été remplacé par un autre français avant-hier. [pagebreak]Frédéric Fenni. C’est le nouveau directeur général de la Cameroon postal services (Campost). Il a été installé au terme d’une session extraordinaire du conseil d’administration de cette entreprise parapublique, tenu hier à Yaoundé. Session du conseil au cours de laquelle le désormais ex directeur général, Hervé Béril, a annoncé sa démission devant les différents administrateurs de la Campost. Des informations puisées à bonne source disent qu’Hervé Béril, qui est arrivé la tête de l’entreprise chargée du service public de la poste le 1er mars 2010, vient d’être rappelé en France (son pays), où il a officié précédemment comme directeur de projets Afrique du Nord et Moyen Orient au sein de la Société française d’études et de réalisations postales (Sofrepost), jusqu’au moment de sa nomination au Cameroun. Sa nomination avait suscité beaucoup d’espoirs chez les employés de l’ex Société nationale des postes (sous les cendres de laquelle est née la Campost en 2003), d’autant qu’elle était intervenue après une entrevue, en France, entre le l’ex Dg de la Sofrepost, Jean Paul Forceville, et le président de la République, Paul Biya.
Puisqu’il jouissait d’une présomption de compétence eu égard à sa riche expérience dans le domaine de la poste en France, on avait tôt fait au Cameroun de penser qu’il avait une recette magique pour sortir la poste camerounaise de la zone de turbulence. On n’en était pas totalement sorti cinq ans après son arrivée, mais il vient d’être appelé à plier bagages. Lorsqu’il hérite de la Campost en 2009, l’un des problèmes les plus urgents qu’a à résoudre Hervé Béril est celui relatif à la situation des employés de l’ex Société nationale des postes, qui attendaient que soit apurée la dette sociale consécutive à la fusion entre leur société et la Caisse d’épargne postale (plusieurs personnalités de la République sont poursuivies aujourd’hui pour détournements présumés de fonds dans cette dernière, ce qui aurait d’ailleurs été à l’origine de sa situation de cessation de paiement).

Patate chaude
L’autre problème, et non des moindres, concerne le deux poids deux mesures dans l’application de la convention collective du secteur des banques chez les employés. Une mesure avait été prise, écartant les employés de l’ex Société nationale des postes de cette convention. Seules les personnes recrutées après la création de la Campost en 2006, devaient être prises en compte par la convention. Hervé Béril quitte la Campost sans avoir pu résoudre ce problème, qui a une fois de plus été à l’origine d’un énième débrayage dans cette structure en mars dernier. L’ancien manager a toujours rejeté la faute sur le gouvernement qui n’a jamais véritablement rien fait pour y mettre fin. C’est dire que Frédéric Fenni, qui a été installé au poste de nouveau Dg de cette entreprise hier sur proposition des dirigeants de la poste française (avec qui la Campost a un contrat d’assistance technique qui court jusqu’en mai 2016), vient de se voir refiler une patate chaude entre les mains. Il faut cependant dire qu’il est un connaisseur de la maison, puisqu’il y occupait déjà le poste de chef du service du courrier et du réseau postal.

Jean De Dieu Bidias

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