Cameroun : Crise du Conseil supérieur de la magistrature

Paul BIYA

Le Conseil supérieur de la magistrature du Cameroun traverse une crise institutionnelle majeure qui ébranle les fondements de la justice camerounaise. Depuis 4 ans et 10 mois, cette institution clé n’a plus tenu de réunion, paralysant le système judiciaire à l’approche de la présidentielle 2025. Le 16 juin 2024, les mandats de cinq membres ont expiré sans renouvellement, créant une situation d’illégitimité qui alimente la défiance populaire.

La paralysie totale du système judiciaire camerounais

Depuis août 2020, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) n’a plus siégé une seule fois. Cette institution, pourtant chargée de proposer les nominations et mutations des magistrats, est devenue le symbole d’un dysfonctionnement profond.

«La situation du CSM est le symbole d’un système judiciaire qui ne fonctionne pas. Cela n’est guère encourageant à l’aube d’une élection présidentielle qui pourrait donner lieu à de multiples contentieux», confie un magistrat sous anonymat.

Le conflit entre Laurent Esso, ministre de la Justice et vice-président du Conseil, et Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, explique en partie cette paralysie. Esso a tenté en vain d’obtenir la tenue d’une réunion pour entériner des nominations cruciales.

L’offensive judiciaire de Maurice Kamto révèle les failles

Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a déposé plainte contre trois membres du Conseil constitutionnel pour «empiètement sur le pouvoir législatif» et «coalition contre les lois».

La plainte vise notamment Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel, ancien membre du RDPC au pouvoir. Kamto dénonce sa participation à un meeting du parti présidentiel le 27 octobre à Mbalmayo, où des militants réclamaient la candidature de Paul Biya.

«À défaut d’obtenir de grands bouleversements, Maurice Kamto oblige le système judiciaire à statuer sur lui-même. Cela lui permet de démontrer son propos, à savoir que la justice est partiale», analyse un proche de l’opposition.

Une audience cruciale est prévue ce 19 juin devant la Cour d’appel, après que la plainte ait été déclarée irrecevable en première instance. Cette procédure s’ajoute à celle contre Elecam, accusé de violer l’article 80 du code électoral en refusant de publier la liste électorale nationale.

Cette crise institutionnelle majeure compromet-elle définitivement la crédibilité de la prochaine élection présidentielle camerounaise ?

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✍️ À propos de l'auteur
Christiane Tamoura Engo
Christiane Tamoura Engo

Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.

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