Cameroun – Crise centrafricaine: Les 850 soldats camerounais sans salaires

Depuis deux mois, ils ne perçoivent pas de rémunération dans le cadre de leur participation au sein de la Misca. Le gouvernement décline toute responsabilité.
La tension est croissante au sein du contingent camerounais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). Depuis deux mois, le contingent camerounais, constitué de 850 soldats, tous originaires des brigades opérationnelles de la force africaine en attente, n’ont pas perçu de salaire. Une situation qui intervient à un moment où les luttes confessionnelles entre chrétiens et musulmans s’accentuent à Bangui et dans le reste du pays. Si aucun mouvement n’est pour l’instant à l’ordre du jour, nos sources n’excluent pas l’intention des Camerounais de quitter les positions qu’ils occupent aujourd’hui. Notamment dans l’Ouest du pays et principalement sur les axes qui mènent à la frontière avec le Cameroun.
Le général camerounais, Martin Tumenta Chomu, commandant militaire de la Misca est au courant de cette situation, mais semble avoir les bras liés du fait qu’il ne s’occupe pas des questions financières qui relèvent de la compétence de l’Union africaine. Le gouvernement de la République du Cameroun dément toute responsabilité dans la situation que vivent nos soldats. Une source au Ministère de la Défense affirme d’ailleurs que «le Cameroun a toujours remplit ses engagements financiers. Et continue à ravitailler ses soldats».

Les mêmes sources indiquent que: «Lorsque les soldats camerounais agissaient pour le compte de la Force multinationale d’Afrique centrale, ils étaient régulièrement payés par les pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac). Chaque Etat apportait sa contribution». Un soldat de la Fomac coûtait par jour 9 600 FCFA à la Ceeac. Après la décision du Conseil de sécurité des Nations unies datée du 5 décembre 2013 de créer une mission internationale de la paix en Rca, les charges financières liées au paiement des soldats sont passés sous contrôle de l’Union africaine.

Car, les accords entre les Européens et les Africains stipulent que l’Union européenne, qui a apporté dès le départ une contribution de plus de 32 milliards de FCFA, devait se charger du transport des troupes, de l’alimentation et du casernement. Tandis que les Africains se chargeaient de l’armement et des munitions. Mais l’argent de l’Union européenne doit transférer par l’Union africaine, qui agit en tant que sous-traitant. C’est donc l’organisation panafricaine qui est chargée de la paie des soldats de la Misca.

Sur le terrain, un gendarme camerounais a été blessé dans des affrontements avec des insurgés. Il a reçu plusieurs balles au niveau de la hanche. Evacué rapidement en direction du Cameroun, il séjourne depuis vendredi à l’hôpital militaire de Yaoundé, où il est pris en charge par le colonel Abeng Mbozo’o, spécialiste en radiologie et imagerie médicale. Jusqu’ici, aucun soldat camerounais (agissant sous la Misca) n’a trouvé la mort sur le sol centrafricain.
La Misca va s’étendre sur douze mois. Début décembre 2013, l’Union africaine a déployé 2500 soldats venus du Gabon, du Cameroun et du Tchad. A cela s’est ajouté les 1600 militaires français qui interviennent également en renfort dans le cadre de «l’opération Sangaris». Le 19 décembre, la Misca a officiellement succédé à la Fomac. Ses effectifs sont passés à 4 500 hommes, dont 850 soldats du Burundi et du Rwanda. Ils doivent atteindre 6000 ce mois.

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