Cameroun: Crise anglophone, un caillou dans la chaussure de la fête des travailleurs

La 133ième fête internationale du travail se célèbre au Cameroun, dans un contexte marqué par l’insécurité dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, entraînant une précarité indescriptible, et le chômage.

« Ils exagèrent. Ces gars anglophones, nous gâtent le travail ». Ainsi s’exprime le prénommé Pierre, moto-taximan dans l’arrondissement de Yaoundé VI, lieu-dit entrée Simbock. Il se plaint du fait que des nouveaux conducteurs de mototaxi venant des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, ne respectent pas les instructions de la corporation en matière de tarif.

En effet à cause de la crise anglophone, de nombreux camerounais des régions du nord-ouest et du Sud-ouest ont fui, pour se retrouver dans les huit autres régions du Cameroun, et particulièrement celle du centre et du Littoral. Difficile pour eux de s’infiltrer dans des métiers autres que la débrouillardise. Ainsi les voit-on plus facilement dans les activités telles que les travaux domestiques, le taxi et la mototaxi.

Une question épineuse

C’est une situation qui met mal à l’aise la Confédération camerounaise du Travail (CCT). Antoinette Tangono Mebiam épouse Ekoan, Présidente de la CCT affirme d’ailleurs que « Nous sommes vraiment très inquiet face à cette situation des déplacés, qui vient grossir le rang des chômeurs. Une fille qui se retrouve dans un domicile à mener l’activité de domestique à cause de cette précarité, on n’est pas sûr qu’elle est payée, on n’est pas sûr du traitement qui lui est réservé, en tant que syndicaliste, c’est une situation extrêmement douloureuse ».

Plusieurs questions fusent en ce jour de célébration de la fête internationale du travail au Cameroun. Comment concilier et la protection du travailleur et le travail décent dans un climat de guerre, dans un Etat d’instabilité ? Au vu de ce qui se passe, est ce qu’on progresse ou on régresse ? La confédération plaide pour une sortie de crise en invitant le gouvernement à s’assurer que tous les citoyen ont un travail comme l’exige le code du travail et que ce travail es protégé.

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