Cameroun – Crise anglophone: «Le SDF rappelle aux camerounais que le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont hors de contrôle du gouvernement…» (communiqué)

Nfru Ndi et Oshi

Dans ce communiqué publié suite au kidnapping, suivi de la libération de John Fru Ndi, le principal parti de l’opposition dénonce l’instrumentalisation d’une partie de la presse dans le traitement des évènements survenus à Kumbo.

Le premier vice-président du Social Democratic Front (SDF) a publié un communiqué le dimanche 28 avril 2019, suite à l’enlèvement, puis la libération la veille, de Ni John Fru Ndi à Kumbo (département du Bui, région du Nord-Ouest). D’entrée de jeu, Joshua Osih indique que «le Président national du SDF, Ni John Fru Ndi vient de regagner son domicile de Ntarikon à Bamenda».

Réitérant qu’aucune rançon n’a été versée, le député SDF du Wouri fait savoir que le président de son parti «a quitté Kumbo sans escorte des forces de défense et de sécurité, ni accompagnateur quelconque, comme le préconisait l’administration de la localité en liaison avec Yaoundé».

John Fru Ndi et trois de ses proches ont été kidnappés par des hommes armés samedi dernier alors qu’ils se rendaient aux obsèques de l’honorable Joseph Banadzem, président du groupe parlementaire du SDF à l’Assemblée Nationale. Les ravisseurs, comme on le voit dans une vidéo en circulation sur internet, ont demandé à l’opposant historique de Paul Biya de donner l’ordre aux élus de son parti de démissionner du parlement camerounais. Une demande à laquelle le leader du SDF a opposé une fin de non-recevoir, expliquant que l’Assemblée Nationale et le Sénat sont les tribunes par excellence pour poser les revendications. Après plusieurs heures en captivité, Fru Ndi et ses proches ont été libérés en début de soirée.

Le parti de la balance dit ignorer l’identité des auteurs ou commanditaires de ce rapt. Mais, il «tient à marquer son indignation totale par rapport au comportement de certaines personnes en manque de visibilité politique qui, sans se renseigner auprès des responsables du parti directement concernés, se croient obligés d’instrumentaliser des situations critiques et hautement sensibles pour verser dans des déclarations potentiellement contre-productives pour la libération».

«Le SDF tient également à rappeler aux camerounais que contrairement à la propagande gouvernementale, les deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont pratiquement hors de contrôle du gouvernement. Les forces sécessionnistes, des bandits de grand chemin et des milices installées par des pontes du régime y sont installés. Au grand désarroi des populations civiles qui vivent un drame insoutenable», lit-on.

Le parti renseigne par ailleurs qu’«une réunion d’urgence s’est tenue dans la nuit de samedi à dimanche à Yaoundé entre un haut commis de l’État, des pontes du parti-Etat et des patrons de presse à l’effet de banaliser ou tourner en dérision l’enlèvement du chairman Ni John Fru Ndi, comme si le parti avait besoin d’attendre l’enterrement de deux de ses cadres à Kumbo et à Douala pour procéder à une telle ignominie. Des journaux montés et achetés seront mis à contribution pour verser dans le dénigrement puisqu’ils ne sont pas à leur première commande passée dans ce sens», dénonce Joshua Osih.

Le SDF reste enfin sur sa position qui est celle d’un dialogue inclusif et un débat sur la forme de l’Etat. Le parti est notamment favorable au fédéralisme à dix états calqués sur les dix régions actuelles. Une option rejetée, pour l’instant, par le pouvoir de Yaoundé.

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