Cameroun-Congo, Rebondissements dans l’exploitation d’un projet minier commun

Le projet d’exploitation de fer Mbalam-Nabeba écartelé entre le Cameroun et le Congo n’a eu de cesse de connaître des rebondissements qui pourraient malheureusement impacter négativement la réalisation de ce projet structurant et intégrateur.
Alors qu’il y a encore quelques mois tout semblait rouler sur les roulettes le projet d’exploitation de fer Mbalam-Nabeba, la dépréciation des cours des matières premières, notamment le fer sur le marché mondial, a grippé la machine, non sans susciter une sorte d’abandon de ce projet de développement structurant et intégrateur en Afrique centrale. La junior minière australienne Sundance Resources, qui développe ce gisement de fer, a annoncé, le 13 janvier 2016, le renvoi sine die de la signature du contrat pour la construction des infrastructures, entre autres la construction d’un chemin de fer de 500 km entre les localités de Mbalam à l’Est du Cameroun et le terminal minéralier du port en eau profonde de Kribi dans la région du Sud, point de départ pour l’exportation vers l’Europe notamment.
Moins d’un mois plus tard, c’est-à-dire le 1er février 2016, la multinationale australienne a indiqué qu’elle procédera à une réduction de 80% de ses charges sur ce projet, compliquant encore la donne, puisqu’elle a effectivement mis cette annonce à exécution. S’il est vrai que les gouvernements camerounais et congolais affichent toujours leur optimisme quant à la réalisation de ce projet, il est aussi vrai que des rebondissements ont surgi généralement dans le sens peu souhaité par les deux pays.
Des analystes soutiennent non sans raison que des atermoiements des Australiens pourraient finalement avoir un impact négatif sur la matérialisation de ce projet. En effet, le contrat qui aurait pu être signé en décembre 2015 entre l’Etat du Cameroun, qui a décidé de reprendre la main sur cet aspect du projet après l’échec de Sundance à mobiliser les financements à fin juin 2015 et une entreprise chinoise, probablement la société China Ghezouba Group, n’a pu être signé pour le moment. Et pour cause, la partie chinoise a souhaité que le contrat soit paraphé plus tard, en attendant que «les conditions du marché s’améliorent et que le processus de recherche des financements soit plus avancé».

Période d’incertitudes
En d’autres termes, la réalisation du projet minier Mbalam-Nabeba est tributaire du coût du fer sur le marché mondial. Les investisseurs voulant avoir toutes les garanties qu’ils ne vont pas enterrer plus de 3 000 milliards de francs CFA dans un éléphant blanc. Une nouvelle qui est loin d’être reluisante pour le Cameroun et le Congo qui comptent naturellement sur ce genre de projets structurants pour impulser leur développement.
Selon de fiables informations, la junior minière australienne, qui a conditionné la mobilisation des financements pour la construction de la mine à la signature préalable du contrat des infrastructures, fait savoir qu’elle «évalue actuellement l’impact de ce report sur le projet, et en informera ses actionnaires une fois cette l’évaluation terminée».
Il est clair que le projet de fer Mbalam-Nabeba se trouve dans une période d’incertitudes, car dans un contexte de baisse généralisée des cours mondiaux des matières premières, dont le fer, difficile de savoir quand est-ce que les prix de ce minerai repartiront à la hausse. Conséquence, il n’y a quasiment plus de signes de vie sur le site, les activités se limitant actuellement à la surveillance et à la maintenance des équipements et des échantillons de fer prélevés.

Achille Mbog Pibasso, lesafriques.com

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