Cameroun – Communauté Urbaine de Yaoundé: L’indécence à l’origine des boutiques abandonnées

Les magasins construits dans le voisinage du quartier Nkolbisson suscitent au quotidien aussi bien des railleries pour les potentiels clients et visiteurs, que des désertions précipitées par leurs occupants.
96 magasins construits pour rien ! Telle est la première impression qu’on se fait au terme d’un court séjour passé dans les artères des boutiques situées entre les carrefours Parc et Mec sur la route de Nkolbisson. Selon certaines personnes rencontrées sur le site, «Jack Bauer » aurait pour une fois « rater ses plans d’urbanisation » de la ville de Yaoundé. Les raisons évoquées sont diverses et variées. Car, « comment concevoir qu’un si grand investissement dans un but économique ne soit pas accompagné des conditions de vie adaptées ?», s’interroge madame Chantale Etoundi BELLA, gérante d’un commerce de produits naturels et spirituels. Assise dès sa première prise de parole, l’état des lieux qu’elle nous décrit semble la contraindre à se lever pour exprimer sa colère. « On ne peut pas passer toute une journée de travail dans ce coin sans pouvoir se soulager. Il est inadmissible et incompréhensible que nous n’ayons pas de toilettes. Allez-y faire un tour à l’arrière de ces bâtiments et vous verrez comment il est exploité par les usagers ». A peine la dame avait achevé cet entretien inaugural, que ses collègues et elle vont inviter l’équipe de reporters à effectuer une promenade dans la zone objet des principales critiques. Une chiotte improvisée s’était implantée depuis fort longtemps. Car en apparence, les défécations qui parsemaient 36 des 96 magasins parcourus étaient pour la plupart déjà décomposées.

« Ce cours d’eau que vous voyez est devenu un véritable dépotoir pour de nombreux usagers. Certains y viennent pour jeter des ordures de toutes sortes, tandis que d’autres s’en servent pour une baignoire. Aucun bac à ordures ! Imaginez les maladies que tout cela pourrait entrainer ! », s’exclame Clémence, propriétaire d’une boutique. « Pour nous les femmes, lorsqu’on se courbe pour faire nos besoins, c’est très dangereux dans ce milieu pollué », ajoute Sandrine dans la foulée des commentaires. Plus loin dans l’atelier de couture occupé par Marcelle, la jeune dame décrit le problème d’insécurité : « Parfois quand je vais pour puiser de l’eau le matin, je rentre bredouille, ayant peur de me rapprocher des fumeurs de chanvre qui jouxtent le puits d’eau ». Solliciter, les responsables de la Communauté urbaine n’ont pas voulu se prononcer sur le sujet.
500 milles FCFA, c’est la caution préalable à débourser pour bénéficier d’une. A cette somme, s’ajoutent les taxes mensuelles qui oscillent entre 5000 et 15 000 milles francs CFA. En dépit de cet ensemble d’exigences administratives, la Communauté Urbaine de Yaoundé fait la sourde oreille nous révèle-t-on sur les réclamations des occupants du site qui désertent à petit feu. Vivement que le premier magistrat de la ville revoit sa copie de ce côté.

N. Arouba

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