Société

Cameroun / Chefferie Bangou : les rois Bamendjou et Bazou portent une pétition au gouverneur Augustine Awa Fonkwa signée d’une quarantaine de chefs traditionnels pour dire non à l’imposture !

Le doyen des monarques de l’ouest qui déclare que 90% des chefs traditionnels sont désormais illégitimes appelle à l’aide l’autorité administrative et les populations pour sauver la culture.

Le 28 janvier 2019, la population de l’Ouest vivait l’inédit avec l’arrestation de 2 chefs pour une même chefferie, celle du groupement Bangou. Et depuis lors, les langues se délient pour décrier l’implication des chefs traditionnels dans la chose politique. La dernière sortie après celle des chefs autochtones du groupement Bangou est celle du roi Bamendjou Sa majesté SOKOUDJOU Jean II Rameau en compagnie du roi des Bazou celui qui a donné son onction au prince NGAMBOU KEMAYOU Maurice. Déjà 79 jours qu’il est au la’a kam situé au quartier Hiala. Les populations et associations du village s’y rendent pour lui faire allégeance avec la pratique des rites traditionnels tout comme certains chefs traditionnels dont le roi Bamena.

À l’opposé de celui-ci, un autre La’akam est entretenu par certains élus locaux. Un fait qui irrite le roi Bamendjou : «Je dis à chaque occasion qu’on naît chef, on ne fabrique pas les chefs et c’est à cause de ces chefs fabriqués que j’ai eu à dire que 90% des chefs à l’Ouest sont illégitimes. Un travail des élites autoproclamées dont j’ai toujours été contre. Ces élites autoproclamées ont affaibli les chefs et associé à eux tous ces chefs illégitimes pour continuer la destruction de notre culture. Je continue à dire que je reste contre et je dois combattre cela jusqu’au jour où je serai mort. S’agissant de la chefferie Bangou, lorsque le président BIYA a amnistié les exilés, FEZEU Marcel est rentré, je suis allé l’accueillir à la chefferie de Bandenkop comme beaucoup d’autres. Il a réintégré sa chefferie et l’usurpateur qui était là en la personne de monsieur WAGNE à qui j’avais déjà dit bien longtemps avant qu’il est usurpateur et non un chef ce qui m’a valu d’être traité de maquisard par certaines personnes mais on lui avait demandé de partir. Au même titre le chef Bandenkop est revenu alors qu’il y avait un usurpateur. Le chef FEOKETCHANG est rentré dans sa chefferie et moi à tous ses usurpateurs, j’avais pris le soin d’aller vers chacun d’eux pour leurs rappeler qu’ils ne sont pas des chefs. DJOMO n’était pas chef, Kezembou allias TAYO son fils adoptif n’était pas chef. C’est KEMAYOU qui était chef et c’est son fils qui a droit suivant la coutume à succéder. Je réitère qu’en utilisant les chefferies traditionnelles comme instrument politique, on crée un problème pour la région de l’Ouest. Je l’ai dit à monsieur le gouverneur le jour où on a intronisé l’illégitime dans la chefferie Batcham et par la suite j’avais quitté le marché pour partir parce que je suis un chef légitime. Je le suis avec le concours de mes ancêtres, je règne avec leur force et je ne peux pas cautionner l’illégitimité. Je demande et je continue à demander aux autorités et pouvoirs publics que pour donner la paix aux populations de Bangou qu’on se débarrasse de l’illégitimité afin qu’elles vivent selon leur culture et cessent d’être trompées par tous ces faux politiciens ».

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Sa Majesté Sokoudjou Jean II rameau retrace l’histoire de l’absence du Roi Kemayou à la tête du trône

Des versions divergent sur l’histoire de l’absence au trône de Sa Majesté KEMAYOU. Pour certains, il s’est exilé et d’autres cependant insiste sur le fait qu’il l’a fait à contre cœur. Des versions fabriquées selon le roi Bamendjou pour soutenir le faux : « Contrairement à ce que disent beaucoup de bouches, même de Bangou que le chef KEMAYOU est parti en exil, c’est archi faux ! Si les archives administratives pouvaient être claires et justes, vous verrez dans ces archives que le chef KEMAYOU a été enlevé de sa chefferie de force et il n’était pas le seul cette nuit là. Il a été enlevé ainsi que le chef Bandenkop, Bansoa, Fotouni, Bachingou. J’avais à l’époque avec le concours des forces de maintien de l’ordre tenté de faire une poursuite tentant à les libérer je n’ai pas réussi. C’est finalement quand il se trouvait dans la brousse dans le Moungo précisément à DJANGO, qu’ayant été informé de la mort du chef Bansoa, je me suis battu pour faire libérer les autres alors que les chefs Bangou et Bandenkop étaient emmenés hors du pays pour une formation politique. Or, les maquisards disaient à l’époque que comme ils se trouvaient dans leurs chefferies et pas dans le groupement, que les forces de l’ordre pouvaient les tuer et les accuser. Ils ont également fini par fuir le pays pour qu’on dise qu’ils sont des révolutionnaires or tel n’était pas le cas. Voilà l’histoire ! »

Le doyen des monarques de l’Ouest justifie le retour impératif à la chefferie Bangou et également l’urgence pour ses homologues de s’éloigner de la chose politique : « L’administration française en 1956 après avoir mis sur pied un mécanisme qui constituait à destituer les chefs en commençant par moi-même parce que Pierre MESSMER, pour être affecté au Cameroun, avait pour mission d’empêcher la rébellion dans le pays Bassa, de descendre à l’Ouest et à l’Ouest on voyait 3 chefs sur qui la rébellion pouvait transiter pour s’installer à l’Ouest. Moi, NEYUM et FEZEU Marcel. Il avait pour mission de nous descendre physiquement et c’est pour cette raison que tous les mécanismes étaient mis en place pour qu’au moindre hic nous soyons destitués. Ce mécanisme a continué à être géré par nous-même jusqu’aujourd’hui parce que les élites autoproclamées ont pris cela comme leur méthode politique et c’est ça que nous vivons jusqu’à présent ».

Pétition d’une quarantaine de chefs traditionnels à augustine Awa Fonkwa

Décidé à se battre contre l’imposture, sa majesté SOKOUDJOU Jean II Rameau qui a récemment porté une pétition en compagnie du roi des Bazou au gouverneur de l’Ouest justifie sa position: « J’ai demandé à tous les chefs de l’Ouest, peut-être pas aux chefs illégitimes, de se joindre à moi pour que nous fassions une pétition afin de justifier notre position face à des comportements qui ont tendance à mettre du désordre. Jusqu’à présent on n’a pas réussi à mettre la paix à Batcham et ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres chefferies illégitimes. Je connais plusieurs chefferies où les populations ne sont pas en paix à cause de ces malversations et qui en ont pour longtemps encore. Le chef Bazou qui est le chef allié de la chefferie de Bangou, a conduit une délégation dont je faisais partie pour aller rencontrer et donner notre position face à ce problème et j’insiste auprès des uns et des autres que ce n’est pas honorable pour notre culture et ces élites vont payer trop cher à nos ancêtres ».

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À l’honorable DATOUO Théodore qui déclare qu’on ne saurait balayer d’un revers de la main le règne de Kezembou Marcel allias « TAYO II Marcel », le doyen des monarques de l’Ouest déclare : « Même après 50 ans Bangou était à la recherche de la légitimité. Cette illégitimité qui est née de l’administration française ne saurait être maintenue pour des siècles et des siècles. Heureusement que lui-même a reconnu et j’en profite pour savoir, sur le plan traditionnel, de quoi se mêle-t’il ? Je voudrai s’il vous plaît mon fils, honorable, allez demander je ne sais pas si ce notable existe encore, allez demander dans la concession de Mekam Mewouo, notable bien connu de Bangou qui servait d’ambassadeur entre la chefferie de Bamendjou et la chefferie de Bangou quels sont les liens qui unissent Bamendjou et Bangou. Pour cette raison je vous pose cette question : De quoi vous vous mêlez sur un problème purement traditionnel ? Les deux familles s’étaient réunies en votre présence et s’étaient entendu pour donner la parole au notable NANA SINKAM. Comment se fait-il que devant le public lorsque NANA SINKAM rapporte ce qui a été dit vous vous levez pour être contre ? Je déplore ce comportement. L’intronisation d’un chef n’est pas l’affaire de tout le monde. C’est l’affaire des initiés et non du tout venant. D’où serait venue la police et le gaz lacrymogène dans un La’akam ? Je vous demande s’il vous plaît mon cher fils d’aller faire partir celui que vous-même vous avez mis au La’akam sinon à l’avenir sur le plan traditionnel cela va vous coûter trop cher ».

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Flore KAMGA KENGNE, camerpressagency.com
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