Cameroun: Ces sociétés d’Etats qui provoquent la contestation populaire

Camair-co risque de deposer le bilan

Le 7 septembre 2015, une centaine de passagers, dont les vols ont maintes fois été reportés, ont mis du feu à l’entrée des locaux de la direction régionale pour le Centre de la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co) à Yaoundé.
Avant cette grogne populaire, ce sont les multiples coupures d’eau et d’électricité qui donnaient déjà lieu à des mouvements d’humeur finalement étouffés par les autorités administratives des grandes métropoles que sont Yaoundé et Douala. Des situations qui démontrent, s’il en était encore besoin, que la «mauvaise» qualité des prestations de certaines sociétés à capitaux publics contribue, davantage, à créer la surchauffe sur un climat social déjà bien lourd de menaces de toute nature. Un désamour profond semble désormais établi entre les consommateurs et les producteurs de biens et services. Tour d’horizon des sociétés d’Etat régulièrement pointées du doigt.

Camair-Co, le décollage des désagréments
«Il est 20h à ma montre et je suis à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen depuis 6h. J’attends d’embarquer dans un avion Camair-Co qui devait décoller à 8h25. La dernière information, c’est qu’on pourrait enfin partir vers 22h à bord d’un appareil égyptien», racontait un journaliste de la chaîne de télévision Canal 2, le 31 mai 2015 sur les réseaux sociaux. www.237online.com Ce type de complainte accable la compagnie aérienne nationale quasiment depuis son lancement, le 28 mars 2011. Le 7 septembre 2015, des clients désabusés ont tenté de réduire en cendres sa représentation régionale pour le Centre, du fait des multiples reports de vols et de l’absence de communication.
En dehors des reports et annulations des vols, «l’étoile du Cameroun» est aussi pointée du doigt pour l’insuffisance de confort sur ses aéronefs, contrairement à la concurrence qui ne ménage aucun effort dans ce sens. D’après les chiffres de l’Autorité aéronautique civile (Ccaa), huit nouvelles compagnies aériennes sont entrées dans le ciel camerounais entre 2013 et 2014. La compagnie nationale pèche en outre par sa flotte chétive et ses effectifs pléthoriques. Les performances de l’entreprise restent donc fortement contestées, certains passagers menaçant d’ailleurs de la traîner devant les tribunaux pour préjudices divers. Sans oublier que Camair-Co, pour bien démontrer sa fragilité, a changé de capitaine de bord à quatre reprises depuis son envol.
Or à son décollage pourtant, tout semblait bien engagé pour que la compagnie, aujourd’hui dirigée Jean Paul Nana Sandjo, vogue vers des cieux plus cléments. Le nombre de ses passagers a régressé de 5%, passant de 312.692 passagers en 2013 à 295.969 passagers en 2014. Par contre, le trafic passager international, en 2014, a connu une augmentation de 10% par rapport à 2013. Une hausse plus ressentie au niveau sous-régional où les passagers de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ont progressé de 28%.

Christian Djimadeu

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