Cameroun : Bras de fer Eto’o-Gouvernement, la Fecafoot joue son va-tout pour le contrôle des Lions 🦁⚽🇨🇲

eto'o et mouelle kombi

Le feuilleton de la nomination du staff des Lions Indomptables vient de connaître un nouveau rebondissement. Dans un communiqué au vitriol publié ce jour et relayé en exclusivité par 237online.com, Samuel Eto’o, le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), semble avoir choisi l’épreuve de force avec le gouvernement. En affirmant implicitement que son instance ne reconnaît pas l’encadrement technique et administratif désigné par le Ministère des Sports et de l’Éducation Physique (MINSEP), l’ancien capitaine des Lions met de l’huile sur le feu d’une crise qui n’a que trop duré.

Un chantage à peine voilé pour imposer sa liste ?

Pour les observateurs, ce communiqué aux allures d’ultimatum ressemble fort à un chantage de la part d’Eto’o pour imposer sa propre liste du staff des Lions. Une hypothèse d’autant plus crédible que le président de la Fecafoot avait donné 72 heures au gouvernement pour régler le différend, un délai aujourd’hui largement dépassé.

« Tout porte à croire qu’on s’achemine vers une nomination du staff des Lions version Samuel Eto’o », analyse un insider de la Fecafoot joint par notre rédaction. « Mais le problème, c’est que ça a déjà trop duré. Les 72h données il y a longtemps sont largement épuisées, et cette situation de blocage nuit gravement à la préparation de l’équipe nationale. »

La Fifa comme épouvantail : un coup de bluff ?

Pour tenter de faire plier le gouvernement, Samuel Eto’o n’hésite pas à agiter le spectre d’une intervention de la Fifa. Une menace à peine voilée qui laisse certains experts sceptiques, à l’image de ce journaliste sportif chevronné : « Peut-on vraiment voir cette interpellation de la Fifa comme crédible ? Ou bien c’est comme le contrat de One All Sports, un coup de bluff pour faire pression ? »

Car sur le papier, rien ne semble justifier une ingérence de la Fifa dans ce qui s’apparente avant tout à un conflit interne entre la Fecafoot et sa tutelle. Sauf à considérer que le gouvernement, en nommant un staff technique contre l’avis de la fédération, outrepasse ses prérogatives et porte atteinte à l’autonomie du mouvement sportif. Un argument juridique qui reste à démontrer.

L’heure de vérité pour Samuel Eto’o et la Fecafoot

Quoi qu’il en soit, ce bras de fer est désormais entré dans une phase critique pour Samuel Eto’o et son équipe. Après avoir fait monter les enchères, le président de la Fecafoot se retrouve dos au mur, sommé de passer des paroles aux actes pour asseoir son autorité face au MINSEP.

« Les actes valent mieux que les paroles », résume un membre de l’entourage d’Eto’o. « Samuel a montré qu’il ne céderait pas sur ce qu’il considère comme une prérogative essentielle de la Fecafoot. Maintenant, il va devoir aller jusqu’au bout et assumer les conséquences de ce rapport de force, quoi qu’il en coûte. »

Un conflit qui fragilise les Lions à l’approche d’échéances cruciales

Car au-delà de la question de l’ego et du leadership, c’est bien l’avenir des Lions Indomptables qui se joue dans cette partie de poker menteur. A quelques mois d’échéances cruciales, dont les éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations, l’équipe fanion du pays a plus que jamais besoin de stabilité et de sérénité.

« Pendant qu’on se déchire pour savoir qui va nommer le staff, les joueurs, eux, attendent de savoir dans quel cadre ils vont préparer les prochains matchs », alerte un cadre de la direction technique nationale. « Chaque jour qui passe est un jour perdu pour mettre en place le projet de jeu, les automatismes, la cohésion du groupe. C’est toute la dynamique de l’équipe qui est plombée par ces querelles de chapelle. »

Un constat alarmant, qui devrait pousser toutes les parties prenantes à la responsabilité et au compromis. Faute de quoi, c’est le football camerounais dans son ensemble qui risque de payer le prix fort de ce bras de fer stérile. Les Lions et leurs supporters méritent mieux que ça. Il est temps, plus que jamais, de remettre le ballon au centre et de jouer collectif. L’heure tourne.

Par Étienne MBELLA pour 237online.com

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