Cameroun: Bernard Njonga entendu au Tcs

Le président national du Crac a été auditionné en tant que témoin sur l’affaire Acdic / Pnafm, mardi dernier.[pagebreak]En 2006, il a été constaté par les membres de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) de l’effectivité d’un certain nombre de détournements de subventions allouées à la production du maïs au Cameroun. Cette observation résulte de l’interdiction de l’entrée des poulets congelés au sein du pays. Le ministre de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales de l’époque, Aboubakar Sarki, le signifie de façon officielle via un communiqué. Le problème faisant l’actualité était lié à la réflexion sur la performance de la filière avicole nationale pour remplacer le poulet importé sur le marché. Selon Bernard Njonga, le président, à l’époque de l’Acdic qui raconte qu’il avait été constaté en 2006, un profond déficit de maïs et que la production de cette denrée est le principal élément constitutif de la provende dont se nourrissent les poulets.
«Nous nous sommes tournés vers le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) pour savoir ce qui était fait ou ce qui était envisagé face à ce déficit. C’est ainsi que nous découvrons le Programme national d’appui à la filière maïs (Pnafm) qui était censé booster la production de cette céréale. Du coup, nous nous y intéressons pour comprendre son fonctionnement et les raisons de son incapacité à satisfaire la demande», ajoute le désormais président national du parti politique Croire au Cameroun (Crac).
C’est force de cela que Bernard Njonga a été interpellé mardi dernier au Tribunal criminel spécial (Tcs), pour être entendu sur l’affaire Acdic / Pnafm. L’interpellation fait suite à une plainte datant du 14 septembre 2009 et signée de lui alors qu’il était encore président de l’Acdic, contre les responsables du Pnafm pour détournements de subventions allouées à la production du maïs en 2008.
Le 10 décembre 2008, cette association a organisé une manifestation à l’attention des autorités publiques. Il sera par la même occasion rédigé un rapport par la Conac à la suite d’une enquête menée dans cinq régions (Ouest, Sud-Ouest, Littoral, Centre, Sud) du Cameroun. «Nous avons eu une copie de la lettre de transmission dudit rapport au ministre de l’Agriculture datant du 15 juin 2009, qui recommandait la poursuite de ces fonctionnaires. C’est suite au silence du Minader trois mois après que nous décidons de porter plainte contre ces fonctionnaires et nous constituer en partie civile, en payant la caution de 150.000 Fcfa nécessaire à cet effet», souligne l’ex-président de l’Acdic.
Ce rapport révèle que les fonctionnaires du Minader utilisent entre autres moyens de détournement les Gic fictifs, la réduction des subventions des producteurs et la vente des matériels de production. Il se pourrait que sur les 97 Gic enquêtés, 30 fictifs ont perçu environ 17 millions de Fcfa sur les 49 millions débloqués par le gouvernement au profit des ces Gic. Des 67 Gic identifiés, environ une vingtaine a fait un champ de maïs avec l’argent de la subvention pour la production du maïs dans les cinq régions enquêtées pour les périodes 2006, 2007 et 2008, tandis que plus de 341 millions ont été détournés.

Thierry Etoundi

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