Cameroun – Barrage de Menve’ele: La deuxième phase des travaux lancée

Le directeur du projet, Dieudonné Bisso, a procédé lundi à la deuxième dérivation du fleuve Ntem sur le site du barrage. [pagebreak]Le projet d’aménagement du barrage hydroélectrique de Menve’ele vient de franchir une étape décisive de sa réalisation, avec la deuxième dérivation du fleuve Ntem par les responsables de l’entreprise chinoise Sinohydro, et ceux de la maîtrise d’œuvre, sous la houlette du directeur du projet, Dieudonné Bisso. «Cette importante opération se veut le constat officiel de la fin des travaux de la première phase constitués de la digue principale phase 1 et de l’évacuateur des crues principales. En basculant le bras droit du fleuve Ntem dans l’évacuateur des crues principales, la deuxième dérivation va permettre la suite, puis la fin des travaux de la digue principale», peut-on lire sur le communiqué officiel annonçant cet événement. La dérivation qui consiste à dévier l’itinéraire de l’eau afin de travailler sur la terre ferme dans le lit du fleuve, est selon les experts, une opération incontournable voire capitale dans l’aménagement d’un barrage construit sur le fil de l’eau comme celui de Menve’ele. Il se trouve que la digue principale aura besoin de protection contre les inondations. D’où la construction sur chacun des deux bras du Ntem au niveau de ladite digue, d’une espèce de «porte» qu’on peut fermer et ouvrir en cas de besoin, appelée évacuateur des crues. Après l’évacuateur des crues principales à vannes radiales, la deuxième dérivation va permettre la construction d’un évacuateur des crues auxiliaire à un seuil libre sans vannes, sur le bras gauche du fleuve. A ce jour, l’on évalue à 60%, le taux d’avancement des travaux du barrage. Reste à parachever la construction des digues principale et secondaire, du canal d’amenée, du réservoir tampon, de la prise d’eau usinière et de l’usine elle-même. Le retard accusé lors des travaux d’excavation du site de l’usine a été rattrapé par l’entreprise qui travaille nuit et jour. Ce qui fait qu’aujourd’hui que «certains ouvrages sont en avance de 6 mois par rapport aux prévisions », s’est réjoui Pédrag Vojsic, chef de mission du bureau d’études français chargé de vérifier la qualité des matériaux utilisés, et de s’assurer que les travaux sont réalisés selon les standards requis en la matière. Ces experts sont secondés par ceux du Laboratoire de génie civile (Labogénie), qui, en sa qualité d’assistant géotechnique du maître d’ouvrage, confirme les résultats de façon contradictoire pour assurer la sécurité du barrage. Pour la suite, l’une des quatre turbines du barrage appelées à produire 211 mégawatts d’électricité, sera mise à l’essai pour un an à partir de 2016. La ville d’Ebolowa sera ainsi connectée à cette turbine qui produira 52,7 mégawatts d’électricité. C’est également à partir d’Ebolowa que sera placé le poste de transformation d’interconnexion qui va permettre de distribuer l’énergie dans la région du Sud avec possibilité d’interconnexion sous-régionale. Même si quelques soucis liés notamment aux lourdeurs administratives retardent encore le démarrage des travaux de construction de la ligne de transport du courant en question. Mais d’une manière générale, l’évolution actuelle des travaux fait croire aux ingénieurs que le barrage sera livré avant le date du 30 juin 2017. Un exploit à en croire Gen Gao, directeur général adjoint de Sinohydro, «qu’il va falloir mettre à l’actif des 1870 employés dont 470 chinois à pied d’œuvre à Nyabisan». Dans le cadre du transfert des compétences, 10 ingénieurs camerounais sont en formation sur le terrain pour assurer la relève après les chinois. La sécurité de tout ce beau monde est assurée par une 60 militaires et une quinzaine de gendarmes.

Guy Roger Mvondo

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