Cameroun – Bakassi: Une attaque de pirates fait un mort

Les assaillants ont également pris en otage un policier lors de l’assaut de mercredi dernier.[pagebreak]L’information n’a pas encore été officialisée, mais une source policière confirme bien l’attaque des pirates dans la localité de Barrack, aux environs de Bakassi, dans le Sud-ouest. L’assaut a été mené mercredi dernier par des individus non identifiés sur une embarcation de patrouille improvisée conduite par deux policiers. Un a été tué sur le coup. Son collègue a été pris en otage alors qu’il essayait de s’échapper. Les assaillants sont aussitôt repartis. Ils ont par ailleurs signifié leurs revendications : le payement d’une rançon pour la libération de l’otage, le non payement des taxes par les populations nigérianes situées aux abords de Bakassi, notamment la carte de séjour sur le territoire camerounais. Les pirates exigent en plus, la libération des nigérians emprisonnés au Cameroun.
Une source bien informée explique que si l’on se réfère au mode opératoire de ladite attaque, tout porte à croire qu’elle a été menée par un groupe de bandits isolés. Ils ont opéré avec des Ak47, à bord d’une embarcation de fortune. Rien à voir avec le style du Mouvement d’émancipation du Delta du Niger (Mend) ou du Bakassi fredoonm fighters qu’on connait très actifs dans la zone. Les revendications à colorations politiques sont une diversion pour faire croire qu’il s’agit d’un groupe terroriste.
Selon une analyse de l’expert en questions de sécurité et de défense, Aimé Raoul Sumo Tayo, cette nouvelle attaque démontre que «la menace est permanente dans la localité de Bakassi.» M. Sumo Tayo précise que «le Nigéria constitue une menace structurelle pour le Cameroun.»  L’expert ajoute que les différentes autorités qui vont le déplacement de ladite zone doivent respecter les consignes de sécurité du Bataillon d’intervention rapide qui se charge de sécuriser cet espace maritime.

2011
En rappel, la zone de Bakassi, frontalière avec le Nigéria, est souvent victime d’attaques des pirates. La sécurisation de cet espace avait été placée sous la responsabilité du Bir Delta. Les des dernières agressions remontent en 2011.  Cette année là, la péninsule de Bakassi avait été le théâtre de plusieurs attaques. Au mois de février 2011,   M. Ayuk Edward Takor, le sous-préfet de l’arrondissement de Kombo-Abedimo, le commissaire de sécurité publique, le commissaire spécial, le premier adjoint au maire, quelques policiers et des gendarmes. Soit au total onze (11) personnes ont été prises en otage à Akwa. L’îlot de Mbonjo, a également été attaqué par les pirates. L’attaque s’est soldée par la mort de deux gendarmes.  Dans la nuit du 10 au 11 février 2011, un militaire camerounais et un assaillant avaient été tués à Isangele (une localité de Bakassi), alors qu’une femme avait été blessée par une balle perdue. Le gardien de la paix principal Franklin Ayamba avait aussi été kidnappé par des hommes armés de fusils de guerre, le 30 septembre 2012 sur l’axe-routier Mundemba-Akwa, alors qu’il se rendait à son poste de service à Akwa.
Le 22 septembre 2010, 3 français et trois autres expatriés avaient été enlevés. Le 12 septembre 2010 déjà, six marins étrangers avaient été enlevés dans un bateau belge au large de Douala. En mars 2009, les Africa Marine Commando avaient aussi revendiqué l’enlèvement de sept pêcheurs chinois travaillant pour une société de pêche basée à Limbe. Deux ressortissants russes et un lituanien avaient été capturés à bord d’un navire, au large des eaux territoriales camerounaises le 16 mai 2010 par des assaillants. D’autres attaques similaires peuvent également être répertoriées.

Ibin Hassa

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