Cameroun – Au commissariat: Bébé volé, parents harcelés

La jeune mère éplorée est astreinte à l’isolement, pendant que son mari est l’objet de multiples interrogatoires à la police.C’est un véritable enfer que vivent Judith Djuala et Vincent Kamgang depuis plus d’une semaine. A la suite du vol de leur nouveau-né, perpétré le 29 mars dernier au centre médical de la police à Yaoundé, non seulement la maman éplorée est désormais isolée, étroitement surveillée par un élément de la police et juste assistée d’une garde-malade, mais en plus son époux et sa fille sont soumis à des interrogatoires quasi-quotidiens à la direction régionale de la police judiciaire (Drpj) du Centre. «J’ai l’impression que tout est fait pour orienter les enquêtes vers ces pauvres parents déjà sous le choc ; comme si la police tenait à tout prix à laver son honneur dans cette triste affaire», souffle un membre de la famille qui affirme que M. Kamgang est désormais interdit d’accès à son épouse.
A l’heure où votre journal mettait sous presse, le couple, qui réside à Nkolfoulou par Soa, n’avait en effet toujours aucune nouvelle de son bébé. Au lendemain des faits, le délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele, avait pourtant donné 48 heures au personnel médical pour faire la lumière sur la disparition du bébé. Des indiscrétions ont certes signalé l’audition de quelques infirmiers à la Drpj, mais le mystère semble demeurer sur la question. Tout comme les multiples alertes diffusées par la famille sont restées sans suite.
Mystère est le mot régulièrement prononcé autour de cette affaire, tant le scénario semble difficile à cerner. Lorsqu’elle finit par accoucher vers 10h40, en ce dimanche des Rameaux et alors que la date présumée est dépassée d’une semaine, Judith Djuala a déjà séjourné dans cette officine jusqu’à la veille au matin et ce pendant 4 jours à la suite d’un malaise. Au cœur de la nuit, lorsqu’apparaissent les premiers signes de parturition, c’est entourée de son mari, de leur fille et d’un jeune beau-frère, chauffeur de taxi, qu’elle retourne naturellement attendre la délivrance dans cette maternité sise en contrebas de l’Ecole de police.
Le jeune père, tout heureux et enfin soulagé, lui tient compagnie pendant des heures. Le bureau des majors, occupé par au moins trois infirmières et qui doivent contrôler tous les mouvements de personnes, est mitoyen de la chambre qu’occupe Mme Djuala. Selon des sources introduites, c’est aux environs de 17h55 que l’homme prend momentanément congé de sa tendre moitié, pour se rendre à une messe à Tsinga. Dans l’espace, la dame, qui s’est assoupie, est réveillée par un coup de fil. Elle échange brièvement, et c’est au moment de déposer l’appareil sur le lit qu’elle constate la disparition de son enfant, qui reposait dans son dos du côté du mur.
Les hurlements de Judith Djuala, qui vient d’être rejointe par une de ses filles, mettent le centre médical en branle. Son mari, rappelé en urgence vers 18h30, n’a plus que ses yeux pour pleurer. Depuis lors, et en dehors des multiples rendez-vous à la Drpj, il a fait procéder à un constat d’huissier et, aux dernières nouvelles, déposé une requête auprès du procureur près le tribunal de première instance de Yaoundé-centre administratif afin d’autoriser la gendarmerie à engager une enquête concomitante.

Wamba Sop

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