Cameroun – Assemblée nationale: Une proposition de loi du Sdf jugée recevable

Deputés à l'assemblée nationale

Le président Cavaye Yéguié Djibril l’a déposée samedi dernier en plénière après l’avis favorable de la conférence des présidents.[pagebreak]Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a-t-il lâché du lest face aux revendications du Social Democratic front (Sdf) ? L’actualité à l’Assemblée nationale incite à répondre par l’affirmative. Cette actualité concerne la décision prise par la conférence des présidents de cette chambre du Parlement – composée de 34 membres – de juger recevable la seule proposition de loi déposée par le parti de Ni John Fru Ndi au cours de la session en cours. Présentée par le questeur Cyprian Awudu Mbaya, du Sdf, cette proposition de loi porte sur « la protection et la préservation des zones de captage, des lignes de partage des eaux et des milieux humides au Cameroun ». Selon l’exposé des motifs elle a un triple objectif : « Le renforcement de la protection et de la préservation des zones de captage, des lignes de partage des eaux et des milieux humides ; la réaffirmation de l’importance de ces ressources naturelles ; l’encouragement des individus, des communautés, des entreprises, des organismes non gouvernementales (Ong), d’autres organismes et des Etats à s’impliquer davantage à cette action et à sauvegarder ces zones ».
Cette proposition de loi du Sdf est la première depuis le début de la neuvième législature à passer l’étape de la conférence des présidents. D’où l’enthousiasme mesuré des députés du parti de la balance. « Le temps n’est pas dans notre groupe parlementaire aux réjouissances », lance un député du Sdf. Sans doute qu’il est conscient que les députés du « parti du flambeau », fort de leur majorité absolue à la chambre basse peuvent encore user, de ce qui peut s’apparenter au « droit de véto » du Rdpc, pour rejeter ce projet de loi en plénière.
Pendant que certains députés du parti au pouvoir surfent sur cette possibilité, le groupe parlementaire du Sdf reste sur sa faim. En effet, à la session parlementaire de novembre 2014, il avait réussi à sortir du tiroir les quatre propositions de loi déposées à la session de mars de la même année. Mais, contre toute attente, elles ont été rejetées par la conférence des présidents chapeautée par Cavaye Yéguié Djibril. L’argument utilisé par ce dernier pour justifier sa position était le relèvement par le gouvernement du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), qui est passé de 28 200 à plus de 36000 Fcfa. Une hausse qui suffit, selon lui, à apporter une solution à certaines de ces propositions de loi du Sdf. En l’occurrence, celle portant modification du Code du travail. Les trois propositions de loi rejetées par le parti au pouvoir concernent le Code électoral, l’Orientation de la décentralisation, et le Code de nationalité.

Pascal Dibamou

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