Cameroun – Assemblée nationale: Le cas Boko Haram s’invite une fois de plus à l’hémicycle

Les parlementaires ont regagné le Palais de Verres le 10 juin dernier dans le cadre de leur deuxième session ordinaire de l’année. Boko Haram était au menu des échanges.
Considérée comme une simple formalité, la session de juin comparée à l’effervescence de décembre avec l’examen du budget de l’Etat. Ni même celle de mars quelques fois animée par les élections du bureau. Et pourtant elle a été particulièrement survoltée l’année dernière avec l’évocation par le Président de la Chambre, M. Djibril Cavayé Yeguié en des termes pas très courants, du cas Boko haram. Bien plus au cours de la même session, son homologue ivoirien M. Guillaume Soro effectuait une visite riche en faits, déclarations et audiences, au Cameroun. A la tribune de l’hémicycle de Ngoa Ekelle, l’homme d’Etat ivoirien avait proposé à M. Cavaye de convoquer, en tant que doyen des présidents de chambres parlementaires d’Afrique, une rencontre internationale pour discuter entre parlementaires des problèmes globaux de sécurité sur le continent.
Cette année, ce ne sera pas le cas. D’entrée de session, le Président Cavayé a donné le ton. Après avoir félicité certains de ses collègues dont la participation à divers niveaux au plan international, le Président de l’Assemblée nationale est vite entré dans les préoccupations de l’heure au Cameroun: «Même survolté par l’euphorie due aux victoires que je viens d’évoquer, je n’oublie pas que, comme les précédentes, la présente session s’ouvre dans un contexte de crise sécuritaire. Diminuée certes, et même au bord de l’agonie, il n’en demeure pas moins que, la secte islamiste Boko Haram, continue de nous forcer à la vigilance, son esprit démoniaque pouvant se réveiller à tout moment, pour de regrettables actions. Je voudrais à cet effet, saluer la mobilisation et la maturité du peuple camerounais que nous représentons dans cet hémicycle».

Institutions républicaines
M. Cavaye Yeguié en a profité pour dire que «la célébration de la 43e Fête nationale de l’Unité, le 20 mai 2015 aura été à n’en point douter, une démonstration de force, celle de la cohésion des Camerounaises et des Camerounais, celle de leur engagement et de leur soutien derrière les institutions républicaines, incarnées par le chef de l’Etat, celle enfin, de leur attachement à la Paix et à l’Unité nationale. C’est dire, qu’aucune force exogène, ne saurait venir délibérément déstabiliser, le socle granitique que constitue la République du Cameroun, sauf à croire que, quelques complicités endogènes soient impliquées dans une telle tentative. Mais le Cameroun est débout, il est solide, il avance et il agit malgré sa diversité sociale et la pluralité de ses chapelles politiques ou confessionnelles».
Un discours qui a donné le ton à l’orientation de l’ordre du jour généralement pas connu en début, de la session. Faut-il le rappeler, dans la mouvance généralisée de collecte des fonds auprès des différentes couches sociales du Cameroun, les Parlementaires ont mobilisé des dizaines de millions pour leur participation à l’effort de guerre. Preuve que la Représentation nationale tient à rester visible aux côtés des forces de défense du Cameroun. Preuve également que le Président de la Chambre se préoccupe des écarts de langage enregistrés l’année dernière depuis ce même perchoir. D’où: «Une fois de plus, je tiens à réaffirmer ici, le soutien, mais alors le soutien total, de la Représentation nationale au président de la République, chef des Armées, dans sa croisade contre le mal, qu’il soit Boko Haram ou autre. Notre soutien total, aux forces de défense et de sécurité, ces femmes et ces hommes, dont la bravoure, le patriotisme et l’engagement font honneur à la nation».
Le président de l’Assemblée nationale a ensuite appelé ses collègues à exprimer de fort belle manière, leur sympathie et leur affection aux populations nationales comme étrangères, qui à un moment ou à un autre, ont été dans la tourmente du fait des actes barbares de la secte islamiste. Avant d’interpeller le vaillant peuple camerounais, qui l’a démontré en sachant faire chorus, quand les circonstances l’exigeaient, à rester debout. Car, «nous, vos élus, vous lançons cet appel: ne vous découragez pas. Restez plus vigilants que jamais, car l’ennemi rode encore. Redoublons d’effort et de soutien, pour lui porter l’estocade finale, tous, œuvrons pour son extinction.» Une session sur le pied de guerre vient de s’ouvrir à Ngoa Ekellé.

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