Cameroun – Assassinat du fils du général Fouda: les dessous d’un crime odieux

Le corps du fils aîné du conseiller spécial du président de la République, a été découvert mardi matin sur les rails, les yeux crevés, dépourvu d’une jambe et d’une main.[pagebreak]Consternation et émotions sur les visages ce mardi 14 avril en début de soirée, au domicile du contre-amiral Joseph Fouda, sis au quartier Ekoumdoum à Yaoundé. Regroupés en petits comités sur le jardin, amis et proches de la famille devisent. Des éléments de la Garde présidentielle (Gp) et de la marine nationale trainent également dans la cour. De temps à autre, des pleurs s’échappent de l’intérieur de la maison. Seules quelques rares personnes sont autorisées à entrer dans la demeure. «La famille est en deuil. Elle exige un peu d’intimité et de tranquillité. » confie un sergent assis sur une marche de l’escalier qui mène à la maison. C’est un frère d’armes du sergent William Fouda, fils aîné de l’ancien aide de camp du chef de l’État dont le corps a été retrouvé quelques heures plus tôt. Avec beaucoup d’émotion dans la voix, notre interlocuteur rapporte : «On a retrouvé ma classe (promotionnaire, ndlr) très tôt ce matin entre les rails, non loin de l’endroit où les gens traversent pour aller du lieu dit Zoé à la voirie municipale.» Au bord des larmes, il poursuit : «Son corps était sérieusement mutilé. Il avait des coups de machette un peu partout sur le corps, on a crevé ses yeux et coupé ses pieds.» Il continue : «Curieusement, il n’y avait pas de trace de bagarre sur son corps, encore moins des flaques de sang à cet endroit. Tout laisse donc croire que ce n’est pas là que le forfait aurait été commis. On serait seulement venu y jeter son corps.» Et de chuter : «Les bandits ne peuvent pas agresser quelqu’un avec une telle barbarie. Mais alors, William Fouda était un garçon tranquille et humble. Je ne sais pas qui pouvait lui en vouloir à ce point.»

Règlement de compte?
L’avis semble partagé. Puisque, personne ne connait pas au jeune William Fouda, des inimitiés affichées. On le présente plutôt comme quelqu’un de très bien. Il se rapporte que le jeune sergent a été élevé dans la crainte de Dieu par ses parents, eux-mêmes fervents croyants catholiques. Un élément de la Gp indique sous anonymat: «Il était difficile de savoir William Fouda était le fils d’un général, de surcroît conseiller spécial du président de la République. C’était un soldat ordinaire, discipliné, humble et sans histoire. A se demander si les assassins s’étaient trompés de cible»
De sources introduites, le général Fouda serait devenu depuis quelques temps, un confident du président de la République. Il se rapporte que désormais, pour rentrer en contact avec Paul Biya ou lui soumettre une doléance, l’une des voix sûres serait son ancien aide de camp. Les deux hommes seraient devenus des inséparables ou presque. «Il y a une sorte de cabale menée ces derniers temps contre le président de la République. Et pour l’atteindre, il faut fragiliser un de ses boucliers, un de ses hommes de confiance, Joseph Fouda par exemple. Et le crime intervient au moment où Paul Biya reçoit un hôte de marque, la secrétaire générale de la Francophonie.», confie un habitué des salons huppés. De conclure: «C’est peut-être pourquoi des jaloux ont décidé d’ébranler le général Fouda, un militaire réputé pour sa loyauté et sa fidélité envers Paul Biya».
L’opinion nationale est unanime sur un fait : le nom du général Joseph Fouda n’a jamais été cité dans quelque scandale ou dans une histoire de trafic d’influence. La position de ce fidèle parmi les rares dont compte en ce moment le chef de l’Etat ne fait certainement pas que des amitiés. En voulant visiblement taper sur le contre-amiral, ils ont apparemment dans un premier temps, taper sur son fils…

Cédric Mbida

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