Depuis jeudi soir, les réseaux sociaux camerounais sont en ébullition. En cause : une bande sonore attribuée à Jean Simplice Eboko, jusqu’alors procureur par intérim du Tribunal de Première Instance de Douala Bonanjo. Dans cet enregistrement qui a fuité, on entendrait le magistrat se livrer à une tentative de corruption à hauteur de 100 millions de FCFA, révèle une source proche du dossier à 237online.com.
Mais très vite, le doute s’installe. Et si cette voix n’était pas celle du procureur Eboko ? C’est en tout cas ce qu’affirment plusieurs observateurs avertis contactés par notre rédaction. Désinformation, manipulation, règlement de comptes… Les hypothèses fusent pour expliquer l’origine de cette bande sonore qui jette le trouble sur la justice camerounaise.
Eboko remplacé : une décision sans lien avec le scandale audio
Toujours est-il que dans cette ambiance de suspicion généralisée, une décision tombe comme un couperet : Jean Simplice Eboko est relevé de ses fonctions et remplacé par son collègue, le magistrat Effoudou, jusqu’alors attaché au Parquet Général de la Cour d’Appel du Littoral. De quoi accréditer la thèse d’une sanction liée à l’affaire de corruption présumée ?
Que nenni, s’empressent de rectifier des sources judiciaires concordantes. Contactées par 237online.com, elles assurent que le remplacement d’Eboko n’a « aucun rapport avec la bande audio qui circule ». La raison serait tout autre : il y a quelques jours, le désormais ex-procureur avait reçu une demande d’explications de sa hiérarchie concernant des lenteurs dans le traitement de certains dossiers. Une situation récurrente qui avait déjà été décriée « à plusieurs occasions en vain », précise-t-on.
Le procureur Eboko, victime d’une cabale ?
Face à cette demande d’explications, la réponse de Simplice Eboko n’a visiblement pas convaincu sa hiérarchie, qui a décidé de le relever de ses fonctions. Une sanction purement administrative et disciplinaire, donc, sans lien avec le scandale audio qui agite l’opinion.
Dès lors, une question brûle les lèvres : et si le jeune magistrat était en réalité victime d’une cabale savamment orchestrée ? Et si cette bande sonore n’était qu’un leurre destiné à lui nuire, un « coup monté » pour le déstabiliser au moment même où sa hiérarchie lui demandait des comptes ?
Contacté par 237online.com, l’entourage du procureur Eboko dénonce une « manipulation grossière » et une « tentative de déstabilisation ». Certains y voient même la main de « réseaux mafieux » dérangés par l’intransigeance du magistrat dans certains dossiers sensibles. Des accusations graves qui, si elles étaient avérées, jetteraient une lumière crue sur les manœuvres souterraines à l’œuvre dans le monde judiciaire camerounais.
Affaire à suivre, donc. Une chose est sûre : dans ce feuilleton judiciaire aux multiples rebondissements, nous sommes loin d’avoir entendu le dernier mot. Le procureur Eboko, quant à lui, compte bien laver son honneur et prouver son innocence. La justice camerounaise n’a pas fini de trembler sur ses bases !
Par Armand Nguekam Tchaptcheu pour 237online.com
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