Cameroun – Affaire du TPG: Un procès à tête chercheuse en perspective

Justice insigne





Pendant que l’ancien TPG de Yaoundé est aux arrêts de rigueur, plusieurs intervenants de la chaine englués dans l’affaire des frais de justice militaire toujours, à pleins poumons, l’air de la liberté. Drôle de paradoxe ![pagebreak]Sont-ils intouchables ? On pourrait répondre par l’affirmative car depuis que cette affaire de frais de justice militaire a commencé, la machine militaire ne sembles pas s’intéresser aux acteurs principaux des présumés malversations financières à savoir : des magistrats et des militaires. On parle de plus en plus d’un procès à tête chercheuse.
Aussi curieux que cela puisse paraître, alors que plusieurs responsables et personnels de la Trésoreries générale de Yaoundé, leurs collègues d’Ebolowa, ainsi que d’anciens responsables du Trésor dans les villes de Kribi et de Monatélé sont poursuivis pour : « complicité de détournement de deniers publics », une liste comprenant des magistrats militaires n’a jamais été inquiétée outremesure, alors qu’il est démontré que ces derniers ont bel et bien déchargé d’astronomiques sommes d’argent au Trésor public, soit un montant total de 4,6 milliards de F cfa.
Para ser exacto, on cite le capitaine de gendarmerie et greffier de formation, chef de bureau des moyens généraux du tribunal militaire de Yaoundé, Fidèle Tafochon qui, faisant foi à l’accusation, doit répondre de 2,8 milliards Fcfa. Idem du capitaine de l’armée de terre, greffier en chef du tribunal militaire de yaoundé, Martin Tchinda, qui a déchargé un peu plus de 510 millions de fcfa. Pour ce qui est de Moïse Ntyam Minla’a, il devra répondre de 205 millions de Fcfa. Du même tonneau, Isaac Tchouta, Simon Bella, Cyrille Guemo Atongfack, Joachim Mebenga, Mounchili Adayirou, tout autant qu’Aboubakar Minabou, devraient pouvoir répondre respectivement de 695 millions de Fcfa, 240 millions de Fcfa, 15 millions Fcfa, 250 millions Fcfa, 68 millions de Fcfa.
Ce qui est étonnant, c’est lorsque le procureur général près le Tribunal criminel spécial (Tcs), prend sur lui de classer le dossier et remettre en liberté, sur une surprenante “instruction gouvernementale“, va changer la donne, sans néanmoins clarifier les choses. Et étonnement épargné les bénéficiaires respectifs des frais de justice, nonobstant les instructions du Président de la République qui aurait, confie-t-on, instruit que toutes les personnes mises en cause dans cette affaire, soient jugées conformément à la loi. D’où cette idée rependue qui insiste plus sur une justice à tête chercheuse. Celle-ci n’honore pas notre pays, qu’il n’a mis au frais que l’ancien fonctionnaire du Trésor public. Ce qui fait dire à une opinion que : « il n’est pas exclu que, pour ses liens avec l’ancien ministre des Finances Abah Abah, Emmanuel Mbia Enguene soit victime d’un délit de proximité. Car, dans le cadre de l’affaire des frais de justice, rien ne justifie qu’il soit la première et la principale cible à répondre de ces actes. C’est la raison pour laquelle son arrestation agite l’actualité », confie une source au Ministère des Finances. Est-ce normal donc ?

Patrick Aroga

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