Cameroun – Accès aux soins: Le rapport qui met à nu les magouilles et limites des centres de santé

André Mama Fouda nomé PCA

Les ruptures en soins et médicaments, les surfacturations dans le traitement des maladies telles que la tuberculose, le paludisme et le VIH/Sida, sont entres autres pratiques que dénoncent le rapport 2014 de l’ONG Positive-Génération.
L’état de l’accès aux soins de santé au Cameroun est inquiétant. Principalement dans l’encadrement des personnes vivant avec la tuberculose, le VIH/Sida, et le paludisme. L’ONG Positive-Génération qui en fait le constat, vient de publier les résultats de plusieurs enquêtes menées dans les formations hospitalières du pays. Les résultats permettent de se rendre compte que lorsque les produits pharmaceutiques ne sont pas en rupture dans les hôpitaux, ils sont simplement vendus à un coût élevé ne respectant aucune norme. D’où la mise en route du programme Treatment access watch (TAW) dont le slogan est : « Cassez les prix. Rompre les surcoûts ».
Parlant précisément de l’état d’accès aux soins du VIH/Sida, TAW révèle qu’en 2014, 63,1% des centres de santé ont connu des ruptures en examens biologiques. 1,8% des points de santé ont connu des carences en antirétroviraux, en médicaments cotrimoxazole et antituberculeux. S’agissant de la pratique des surcoûts, 40,3% de dépistage se sont effectués à des tarifs illégaux. 67,9% d’hôpitaux ont pratiqués des surcoûts sur les examens biologiques, tandis que 4,5% ont vendu les cotrimoxazoles, pourtant proscris de vente. Dans le même temps, les études de cas ont permis d’observer que pour des consultations, 16,5 % de centres ont exigés plus de la somme de 600 FCFA arrêtée par l’Etat du Cameroun. L’indisponibilité du compteur CD4 a été la cause des difficultés observées dans 72,7% des centres de prise en charge. Et pour cette prise en charge, 55% des centres ont exigés aux patients, des coûts d’ouverture de dossiers de plus de 1 000FCFA.
L’accès aux soins pour les cas de tuberculose en 2014 n’est pas moins alarmant. En termes de rupture de traitement antituberculeux, le programme Treatment access watch montre que 0,6% de centre ont marqué un déficit préjudiciable aux patients. 28% ont connu une absence en traitement préventif pour le personnel soignant. 8,3% ont répondu aux abonnés absents dans le traitement de la tuberculose multirésistante. Pour ce qui est des surcoûts. 18,3% de centres ont revendiqué des tarifs supérieurs pour les dépistages du VIH. Idem dans les diagnostics rapides, où 4,8% d’hôpitaux ont fait de la surfacturation. Pareil pour les consultations où 14,2% ont affiché le même manquement.
A travers le slogan : « Cassez les prix. Rompre les surcoûts », TAW présente le mauvais état de l’accès des soins du paludisme au Cameroun. Entre autres observations émis, 5,4% des centres ont connu une insuffisance en traitement du paludisme grave chez la femme et les enfants. 7% des centres ont déploré la carence en traitement du paludisme simple pour les femmes enceintes. 6,8% de centre, n’ont pas dispensés les Moustiquaires imprégnés à longue durée d’action (Milda). Au moment où, 16,5% ont décidé de les commercialiser. Pourtant, il est prévu que chaque femme en voie de donner naissance en bénéficie gratuitement lors de ses visites prénatales. Tout comme pour les soins de paludisme. Malheureusement note le rapport, 28% femmes enceintes ont acheté des soins de paludisme. Y compris 11% d’enfants de 0 à 5 ans. Pourtant, une décision du chef de l’Etat, leur accorde des circonstances atténuantes à ce propos.
Le diagnostic que dresse l’ONG Positive-Génération se situe dans le sillage des traditionnels rapports annuels qu’elle présente depuis près de dix ans. En dehors, de celui-ci, d’autres enquêtes sont menées par son réseau d’observateurs présents dans les centres de santé à travers le triangle national, à l’effet de rendre compte du suivi et l’accès aux soins de santé au Cameroun. En partenariat avec plusieurs autres organisations internationales. Le but étant d’améliorer l’accès aux produits et services médicaux et pharmaceutiques. Ceci via par des plaidoyers adressés au gouvernement camerounais.

Christian Djimadeu (Stg)

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